Le but de ce blog est d'eduquer et de discuter a propos des desastres naturels avec un focus sur l'activite et la vulnerabilite sismique, de reporter des informations generales relatives au tremblement de terre d'Haiti du 12 janvier 2010 et aux tremblements de terre du monde. Il met l'accent sur les efforts de reconstruction d'Haiti et la necessite d'utiliser des techniques de conception des structures de batiments et construction parasismique dans la construction des infrastructures physiques.

Haitilibre.com / Les dossiers

Saturday, February 25, 2012

Regles de calcul interimaire pour la construction des batiments en Haiti apres le seisme du 12 janvier 2010

INTRODUCTION

Le Ministere des Travaux Publics Transports et Communications deux mois apres le seisme du 12 janvier 2010 autorisait l'ulitilisation de 4 codes internationaux pour une periode d'une annee. Le ministere a elabore et publie un document dans lequel il indique les normes et les codes qu'il autorise. Ce document uintitule " Regles interimaires pour le calcul des batiments en Haiti" a ete publie en attendant la parution des normes propres a Haiti. Cependant jusqu'au moment de la redaction de cet article l'on se demande si ce document final a ete publie ou sinon a quelle phase de son elaboration l'on se trouve.

Les recommandations du document sont valables pour l'ensemble des batiments a construire et a rehabiliter a l'exception de petits batiments destines a l'habitation et au petit commerce. Les dimensions horizontales de ces batiments sont modestes et la hauteur ne depasse pas deux niveaux. Le guide de constructrion intitule "Guide de bonnes pratiques pour la construction de petits baiments en maconnerie chainee en Hait" ( ce document est  poste dans ce blog) contient les normes applicables a la construction de ces batiments. Il est a remarquer qu'en depit dela parution de ces documents les constructions sont erigeeer comme par le passe sans respect pour les prescrits de ces reglements et les normes elementaires de construction.

EXIGENCES INTERIMAIRES EN VUE DE LA RECONSTRUCTION

Les exigences interimaires en vue de la reconstruction incluent principalement;

  • Une identification des normes et codes internationaux pouvant etre utilises en Haiti
  • Une definition des categories de risques des batiments 
  • Une evaluation globale et securitaire des charges de calcul a considerer (surcharges dues a l'usage, charges de vent et charges sismiques) imposees par le gouvernement haitien aux ingenieurs haitiens ou etrangers pour la reconstruction. Ces derniers sont permis d'utiliser pour leurs calculs les normes et codes etrangers autorises par l'Etat..

CODES INTERNATIONAUX AUTORISES EN HITI

"Il existe une multiplicite de codes de construction (dispositions administratives, charges et regles de calcul, conformite, protection contre l'incendie, securite des occupants, accessibilite, mecanique, plomberie, etc) et de normes (acier, bois, beton arme, maconnerie, batiments, ponts, etc). Un intervenant a tendance a utiliser les codes et normes de son pays d'origine, ce qui est parfaitement comprehensible mais l'Etat haitien, qui tient a exercer un controle sur la reconstruction se doit d'imposer certaines balises" (Ministere des Travaux Publics, Transport et Communications). Les codes de construction autorises par ce ministere jusqu'a la parution du code de construction officiel de la Republique d'Haiti sont les suivants: CNC [2], ACI-318 [3], International Building Code [4], Eurocode 8 [5] et CUBiC 1985 [6]. L'autorisation d'autres codes doit recevoir l'autorisation du ministere. La non-supervision du ministere dans ce cas implique que ces reglements ne sont pas respectes.

(a suivre)  

Tuesday, February 21, 2012

Moins d'un an apres le tremblement de terre devastateur de Mars dernier Tokyo se prepare a l'eventualite d'un autre grand tremblement de terre. Haiti se prepare-t-elle a une eventualite pareille?

Les scientistes japonais avertissent que la probabilite d'un majeur tremblement de terre a augmente depuis la catastrophe sismique accompagnee de tsunami en Mars dernier dans le nord du Japon.


Sur cette photo (AP) nous pouvons voir des passagers attendant des informations concernant le service d'un train qui s'etait arrete suite au tres fort tremblement de terre du 11 Mars 2011.

Shinichi Sakari de l'Institut de Recherche sismique a l'universite de Tokyo disait: " Quand nous faisions les calculs nous evaluons la probabilite d'un tremblement de terre a 98% sur une periode de trente ans ou a 70% pour les quatre prochaines annees. Des modeles d'animation realistiques ont ete utilises pour predire les  endroits potentiellement vulnerables a un grand tremblement de terre tels les batiments peu solides, les lieux propices aux incendies et les zones d'evacuation difficile

Les autorites ont estime qu'un tremblement de terre de magnitude 7.3 a Tokyo pourrait causer 11.000 victimes et detruire 850.000 batiments. Dans la corporation Shimizu de Tokyo les scientistes travaillent sur les dernieres techniques de construction en vue de proteger la population contre l'eventualite de tremblements de terre. Un batiment est supporte par des amortisseurs de vibration sismique en caoutchouc; d'autres techniques de batiments flottant partiellement sur l'eau se sont prouvees reduire les chocs sismiques de maniere significative.

Un ingenieur en chef a Shimizu, Masaaki Saruta, declare que Tokyo est mieux prepare que beaucoup d'autres villes .Des batiments construits recemment sont assez forts pour resister a un fort tremblement de terre. Meme les anciens batiments ont ete renforces, declarait Saruta. Nous avons besoin plus de batiments pour inclure la technologie d'isolation sismique et d'autres vieux pour etre renforces. Mais Tokyo ne sera pas aneanti.

Des reportages affiches sur des sites d'internet montraient des batiments de Tokyo se balancant de maniere alarmante  quand le tremblement de terre frappa cette ville le mois de mars dernier. Saruta declare que les nouvelles techniques de construction essaient de corriger cette anomalie.

" Pour etre honnete je n'ai jamais vu quelque chose comme ca donc j'etais aussi surpris", disait Saruta. " Mais pratiquement on n'a pas besoin de s'inquieter si un batiment se balance. Ce que je veux dire par la c'est que vous pouvez vous attendre a ce qu'un batiment se balance parce que cela fait partie de la conception du batiment".

Moins d'un apres un tremblement de terre devastateur frappant Tokyo, les japonais se sont vite recuperes tandis qu'en Haiti la Reconstruction peine a se demarrer. Une certaine volonte se manifeste pour pouvoir relocaliser les personnes vivant sous les tentes. Les endroits de relocalisation sont-ils plus surs que les tentes? Se prepare-t-on a l'eventualite d;un autre tremblement de terre? Utilise-t-on les normes de construction parasismique? De toute facon le Japon utilise des techniques de contruction tres avancees comme les amortisseurs de choc sismique en caoutchouc ( j'ai developpe cette technique dans un precedent article en anglais) pour eviter l'ecroulement de batiments. Des seances de simulations sont pratiqueees en vue de permettre aux habitants de se proteger contre les degats causes par un tremblement de terre et tant d'autres mesures sont encores prises comme je l'ai rapportees plus haut. Haiti n'a pas le developement scientifique et technologique du Japon mais il y a certaines choses qui peuvent etre realisees si les dirigeants de L'Etat Haitien manifestent la volonte de les faire et qu'ils articulent une vision globale de Reconstruction et de developpement. De plus ces mesures de protection contre la vulnerabilite sismique sont connues de certains dirigeants et experts haitiens.

Tuesday, February 14, 2012

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 serait-il le debut d'une serie de tremblements de terre susceptibles d'intervenir en Republique d'Haiti et en Republique Dominicaine?

Durant le mois de Janvier 2012 au moins deux tremblements de terre ont frappe la Republique Dominicaine. Ces evenements ont incite William Bakun de l'Institut Geologique Americain (USGS) a affirmer selon une etude anterieure que l'ile d'Haiti (Republique d'Haiti et Republique Dominicaine) serait sujette a une serie de tremblements de terre dont le premier serait le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui ravageait Port-au-Prince et quelques villes du departement de l'Ouest ( etude: Significant Earthquakes on the Enriquillo Fault System, Hispaniola, 1500-2010: Implications for Seismic Hazard, William H. Bakun, Claudia H.Flores, and Uri S Ten Brink). Cette prediction est-elle concordante avec une etude concluant que la faille d'Enriquillo n'est pas responsable du tremblement de terre du 12 janvier 2010 mais plutot que la faille de Leogane le serait ? Une telle prediction supposerait que le tremblement de terre du 12 jqnvier 2010 serait cause par la rupture de la faille d'Enriquillo. Examinons les resultats des etudes sur ce sujet pour determiner la semblance ou  non-semblance de veracite concernant cette prediction.

Initialement les scientistes croyaient que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 etait la consequence de la rupture de la faille d'Enriquillo mais le geophysicien americain Gavin Hayes de l'institut Geophysique Americain (USGS) conjointement avec ses collegues de l'Institut Technologique de Californie ( California Institute of Technology) et de l'universite de Texas a Austin utilisaient une combinaison d'obervations sismologiques, de donnees geologiques et de mesures geodesique satellitaires pour determiner la cause du tremblement de terre. La modelisation des elements de la surface de deformation a permis a l'equipe scientifique de determiner que la faille de Leogane fut le responsable de la catastrophe terrifiante du 12 janvier 2010.

D'autre part l'apport du geophysicien Eric Calais qui etudie la region depuis 20 ans est considerable. Ses rapports ont ete concluants a cet effet. Selon lui l'epicentre du tremblement de terre etant situe a 60 km de la capitale faisait croire que la faille d'Enriquillo etait la cause de l'evevenement sismique mais le manque d'indices de rupture en surface et de la vitesse du mouvement de la faille a permis d'ecarter cette conclusion. Il  faudrait donc se diriger vers une autre region pour decouvrir le coupable. L'emergence des coraux du cote de la mer de leogane a dirige le geophysicien sur la piste de le decouverte de la cause du tremblement de terre. Dans cette region la surface de la terre s'est remontee de quelques centimetres, ce qui a permis l'emergence des coraux a la surface. Cet evevenement a permis d'examiner la faille de Leogane ou l'on a decouvert qu'une portion de cette faille avait rompu provoquant le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Selon le rapport du geophysicien Eric Calais, la faille d'Enriquillo n'a pas bouge et continue d'accumuler de l'energie et peut causer un tremblement de terre dans le futur. Donc la faille d'Enriquillo n'a pas cause de tremblement de terre le 12 janvier 2010. Rergardons ci-dessous le reportage video de Eric Calais:

Maintenant examinons les conclusions de l'etude : Tremblements de terre significatifs sur la faille d'Enriquillo, 1500-2010: Implications pour la menace sismique ( Significant Earthquakes on the Enriquillo Fault System, Hispaniola, 1500-2010: Implications for Seismic Hazard). Les conclusions les plus importantes pour cet article sont les suivantes:

1. Une serie de tremblements de terre de la faille d'Enriquillo au 18e siecle commencait avec le tremblement de terre du 9 Novembre 1701 pres de l'endroit du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Les rapports de secousse de ce tremblement de terre sont similaires a ceux du tremblement de terre du 12 janvier 2010.
3. Une serie d'importants tremblements de terre se deplacant de l'est vers l'ouest commencait avec le tremblement de terre du 18 octobre 1751 pres de l'extremite est de la faille d'Enriquillo en Republique Dominicaine, suivie du tremblement de terre du 21 Novembre 1751 pres de Port-au-Prince, Haiti et celui du 3 juin 1770 a l'ouest  de la rupture du 12 janvier 2010.
4. A part des tremblements de terre du 18e siecle et du 12 janvier 2010 il n'y a pas eu de tremblements de terre siginificatifs intervenus apres le 16e siecle.
5. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 peut marquer le debut d'un nouveau cycle d'importants tremblements de terre sur la faille d'Enriquillo apres 240 ans de passivite sismique.
6. La faille entiere d'Enriqullo parait sismiquement active. Haiti et la Republique Dominicaine doivent se preparer pour des tremblements de terre devastateurs de la faille d'Enriquillo.

La conclusion 2 a ete omise parce qu'elle n'est pas necessaire dans cet article. La conclusion 5 implique que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 serait cause par la faille d'Enriquillo. Or nous savons que tel n'a pas ete le cas. Donc on peut conclure que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 n'est pas le premier de la serie a frapper les deux pays puisque ce tremblement de terre n'a pas ete cree par la faille d'Enriquillo. Cependant il serait prudent de considerer la conclusion 6 concernant l'eventualite d'autres tremblements de terre dans la Republique d'Haiti et la Republique Dominicaine. Les etudes sismologiques ont ete concentrees sur la faille d'Enriquillo. Qu'en est-il de la faille septentrionale n'ayant pas produit de tremblements de terre significatifs depuis plus d'un siecle. Quelles sont les eventuelles menaces de la faille de Leogane et de celles des autres failles secondaires decouvertes? Qu'en est-il d'autres failles non decouvertes? Ne pourrait-on pas faire beaucoup plus de recherche sur l'histoire des tremblements de terre en Haiti qui pourrait permettre de decouvrir des failles peut-etre dormantes durant des millenaires?

Friday, February 3, 2012

Le gouvernement haitien ne se preoccupe pas de proteger la population haitienne contre une nouvelle menace sismique

Deux ans apres le tremblement de terre du 12 janvier 2010 ou un demi-million de personnes vivent encore sous les tentes et un processus de reconstruction lent a se demarrer en l'absence d'un plan clair et defini le gouvernement n'a rien fait pour proteger la population contre de nouvelles menaces sismiques selon une interview accordee par l'ingenieur Claude Preptit a Alter Presse.

En effet l'unite de Sismologie etablie au Bureau des mines et de l'energie ne dispose d'auciun appui financier et technique du  gouvernement. Cette unite ne dispose pas de ses proppres appareils de surveillance sismique. Celle-ci est assuree actuellement grace aux appareils legues par l'Institut Geologique Americain (USGS) apres le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ces appareils au nombre de 5 ou 6 sont installes a Port-au-Prince, Saint-Marc, Cayes, Cap Haitien et Port-de-Paix.

Au debut de l'exercice fiscal 2010-2011 un budget de 150 mille dollars americains a ete prepare par l'unite de Sismologie et soumis au gouvernement haitien et aucun financement n'a ete accorde. Cette situation continue a prevaloir durant l'exercice 2011-2012 ou aucun centime n'a ete accorde.

De plus il n'y  pas de programme national et d'education contre la menace sismique.. Il faudrait d'abord une campagne de sensibilisation dans les ecoles et les communautes pour apprendre aux jeunes et aux plus ages comment se comporter lors des secousses sismiques.

La menace sismique n'est pas evaluee car jusqu'a present bon nombre de failles demeurent inconnues. Dans le Nord par exemple les failles secondaires a  la faille septentrionale sont ignorees.

Dans le domaine de la construction les gens continuent a construire comme auparavant. Le gouvernement ne veille pas a l'application des normes elemetaires de la construction voire a etablir un code de normes de construction parasismique. De plus les nombreux degats materiels et de pertes de vies humaines du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont causes par non seulement la pauvrete des constructions mais d'une urbanisation inadequate, insalubre et impenetrable aux moyens de secours en cas de desastres naturels ou non.

Voici un rapport de l'interview de l'ingenieur Claude Preptit accorde a Alter Presse:

Haïti-Séisme-2 ans : Menace sismique toujours présente
Mille cent treize (1,113) répliques en 2 ans
jeudi 12 janvier 2012
A partir de février 2012, l’unité technique de sismologie (Uts) entreprend des travaux de micro zonage de l’aire métropolitaine de la capitale Port-au-Prince, à Port-de-Paix (Nord-Ouest), Cap-Haïtien, Fort-Liberté et Ouanaminthe (Nord-Est).
Il faut des campagnes de sensibilisation pour encourager des comportements responsables chez la population, préconise l’ingénieur géologue Claude Prépetit, coordonnateur de l’Uts.
Il est également impérieux d’établir des normes de construction, des normes parasismiques, et exiger à ce que toutes nouvelles constructions respectent ces nouvelles normes.
Il importe de réduire la vulnérabilité de la population au phénomène sismique.
Inévitablement, nous aurons à vivre d’autres tremblements de terre dans les prochaines années en Haïti. Si aucune disposition de prévention n’est prise institutionnellement, le bilan sera beaucoup plus lourd que celui du 12 janvier 2010, prévient l’Uts.
Interview
Propos recueillis par Jean Élie Paul
P-au-P, 12 janv 2012 [AlterPresse] --- La menace sismique reste un phénomène naturel, qui sera toujours présent sur le territoire national, avertit l’ingénieur géologue Claude Prépetit, coordonnateur de l’unité technique de sismologie (Uts), qui préconise des dispositions institutionnelles de prévention.
Dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse, à l’occasion du deuxième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’ingénieur géologue Prépetit présente l’unité technique de sismologie, les difficultés auxquelles est confrontée cette unité, les réalités cartographiques en matière de sismologie dans le pays, les perspectives institutionnelles, et propose des recommandations pour une meilleure gestion des secousses sismiques par la population nationale.
AlterPresse : Comment a germé l’idée de la création de l’unité technique de sismologie (Uts), au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 ?
C. Prépetit : Logée au bureau des mines et de l’énergie (Bme), cette unité a été créée le 7 février 2011, presque un an après le séisme du 12 janvier. La décision émane du président du conseil d’administration du Bme, qui était le ministre des travaux publics, transports et communications (Mtptc), l’ingénieur Jacques Gabriel.
AlterPresse : Quel est le bilan des activités réalisées par cette unité depuis février 2011 ?
C. Prépetit : Immédiatement après la création de cette unité, nous avons préparé un document de projet pour définir les attributions et la mission de l’unité…
Ensuite, il a fallu chercher les moyens pour la mise en place de cette unité, parce que l’objectif de cette unité consiste à procéder à la surveillance sismique du pays au plan national, à analyser les informations, à placer les appareils un peu partout sur l’ensemble du territoire national et à traiter les informations dans un centre de données.
Par la suite, l’Uts doit diffuser les informations auprès des autorités chargées de la protection civile et également auprès de la population.
Dans un premier temps, nous avons placé les appareils : les appareils disponibles que sont les accéléromètres, les sismomètres qui sont placés un peu partout sur le territoire national.
Maintenant, il faut relier tout ce dispositif à un centre de données.
AlterPresse : Parlez-nous un peu de ces appareils.
C. Prépetit : Nous avons reçu en don, du projet Winner de l’agence américaine pour le développement international (Usaid), six accéléromètres.
Ces appareils ont été placés à l’Hôtel le Plaza, au bureau des mines et de l’énergie, à Laboule 10, aux Cayes (Sud), et un autre a été placé à l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Tabarre.
Immédiatement après le 12 janvier 2010, trois (3) stations large bande ont été installées par les ressources naturelles du Canada : une placée dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince (à Juvénat, à l’est de la capitale), une à Léogane (au sud de la capitale) et une autre à Jacmel (Sud-Est). Ces stations sont actuellement gérées par le ministère de l’environnement.
Ensuite, il y a huit appareils, huit (8) sismomètres, qui ont été légués par l’ United State Geological Survey (USGS).
Au lendemain du 12 janvier 2010, comme vous le savez, l’USGS est venue installer un certain nombre d’appareils en Haïti pour pouvoir contrôler les répliques. Après trois mois, ces appareils ont été enlevés.
Puisque la collaboration a été très bonne entre l’USGS et le bureau des mines et de l’énergie, ils nous ont légués à peu près cinq ou six appareils qui sont installés au Cap-Haïtien (Nord), à Port de Paix (Nord-Ouest), à Port-au-Prince (Ouest), à Saint-Marc (Artibonite / Nord) et également aux Cayes (Sud).
Voilà pour les appareils qui ont été installés.
Ce sont des appareils qui ont été légués en don par la communauté internationale. Le gouvernement haïtien n’a pas encore investi dans le domaine.
[…]
AlterPresse : Le tremblement de terre de janvier 2010 a été causé par une faille jusque-là inconnue. Est-ce qu’on a pu découvrir d’autres failles sur le territoire national ?
C. Prépetit : Il n’y a pas d’étude géologique, faite après le 12 janvier 2010.
Mais, les enregistrements, sur les appareils qui ont été installés, ont permis de placer les épicentres sur une carte.
Il en résulte que ce n’est pas la faille de la presqu’ile du Sud qui a provoqué le séisme du 12 janvier 2010, parce qu’il n’y a pas d’alignements de répliques tout au long de cette faille. Ces alignements se sont faits, surtout tout le long d’une zone tout près de Léogane.
C’est ce qui nous permet de dire que c’est une faille baptisée "faille de Léogane" qui a été cassée le 12 janvier 2010. Donc, voilà à quoi sert l’enregistrement des secousses.
AlterPresse : Où en êtes-vous avec le projet de micro zonage ?
C. Prépetit : Le projet de micro zonage va être exécuté par le bureau de recherches géologiques et minières de France (Brgm), en collaboration avec le bureau haïtien des mines et de l’énergie et le laboratoire national.
Justement, nous allons partir la semaine prochaine pour faire un stage au Brgm...
Donc, l’équipe nationale va faire un stage au Brgm, va rencontrer l’équipe internationale, pour définir le plan de micro zonage.
Le stage doit se faire le 30 janvier 2012.
Cela veut dire que, dès le mois de février 2012, nous devons commencer les travaux de micro zonage dans l’aire métropolitaine et, en même temps, à Port-de-Paix, Cap-Haïtien, Fort Liberté et Ouanaminthe (Nord-Est).
AlterPresse : de quel budget dispose’l’Uts ?
C. Prépetit : Dès la création de l’unité technique de sismologie, nous avons préparé un budget de départ pour sa mise en place, lequel était évalué à environ 150 mille dollars américains, soit 6 millions de gourdes pour l’exercice 2010-2011, que nous avons sollicité du trésor public [..]
Pendant l’exercice 2010-2011, aucun centime n’a été accordé à l’Uts.
Maintenant, pour l’exercice 2011-2012, nous avons également soumis le même projet. Jusqu’à présent, rien n’a été fait. Donc, pour vous dire, après une année, le trésor public n’a encore affecté aucun centime au fonctionnement de l’Uts.
L’avenir de l’Uts va dépendre de l’intérêt de l’État haïtien en une telle unité de sismologie.
Parce qu’il ne suffit pas seulement de créer cette unité, mais il faut également lui donner les moyens nécessaires pour qu’elle puisse fonctionner. Parce qu’il faut fonctionner avec des appareils, et ces appareils coûtent cher. Il faut payer le personnel.
Certes, nous recevons des dons pour ces appareils, mais il faut les entretenir. […]
AlterPresse : Deux ans après le séisme, quelles observations avez-vous faites dans le comportement de la population, en général ?
C. Prépetit : Dans le comportement des gens, je vois que le traumatisme est encore là.
C’est bien malheureux qu’il n’y ait pas de programmes de sensibilisation de la population, surtout dans les écoles, pour apprendre aux élèves, aux tout-petits comment se comporter lorsqu’il y a une secousse sismique.
Pendant ces deux années, nous avons enregistré pas mal de répliques.
D’après les appareils qui ont été placés un peu partout en Haïti, nous avons pu enregistrer mille cent treize répliques pendant ces deux années.
De ces mille cent treize répliques, il y a une bonne partie qui n’a pas été ressentie, parce que ce sont des répliques de magnitude inférieure à trois.
[…] Et à chaque fois qu’une réplique s’est produite quelque part à Léogane ou à Petit-Goâve… cela a provoqué un mouvement de panique auprès de la population. Le comportement de la population n’est pas un comportement correct, parce que l’éducation n’est pas faite face à une secousse sismique… C’est un travail à faire, c’est une lacune à combler. […]
AlterPresse : Dans ce cas, qu’est-ce qui devrait être fait et qui n’a pas été fait par les institutions nationales ?
C. Prépetit : Il faudrait d’abord avoir un programme national, qui s’étend sur l’ensemble du territoire national, à l’intérieur de toutes les écoles pour mener une campagne de sensibilisation,
Deuxièmement, il faudrait entreprendre des travaux de renforcement de certains bâtiments publics, tels que les établissements scolaires, surtout les bâtiments de l’Etat, les hôpitaux...
Donc, accomplir des travaux de consolidation et ensuite établir des normes de construction, des normes parasismiques et exiger à ce que toutes nouvelles constructions respectent ces nouvelles normes.
Il faudrait également renforcer les lois, procéder également à l’évaluation de la menace sismique, parce que, jusqu’à maintenant, beaucoup de failles demeurent inconnues.
Par exemple, dans le Nord, nous connaissons la faille septentrionale, mais nous ignorons les failles inconnues, les failles secondaires qui sont à côté de la faille septentrionale.
Donc, il y a un travail de dépistage à faire au niveau du territoire national pour que nous puissions cartographier les failles connues et les failles inconnues.
[…] Parce que, la menace sismique, elle sera toujours là, elle sera toujours présente en Haïti.
Qu’on le veuille ou non, dans les prochaines années, nous aurons à faire face à un autre tremblement de terre. Même si on ne sait pas quand cela va se produire, si c’est dans cinquante ans ou dans cent ans, nous savons qu’il va se produire.
Inévitablement, nous aurons à vivre d’autres tremblements de terre. Si rien n’est fait, le bilan sera beaucoup plus lourd.
AlterPresse : Vous dites que, dans les prochaines années, Haïti connaitra d’autres tremblements de terre. Doit-on s’attendre à des magnitudes similaires à celle du 12 janvier 2010 ?
C. Prépetit : Là où un tremblement de terre s’est produit, il se produira dans le futur. C’est une énergie qui s’accumule dans le sol et puis après, le sol ne peut plus contenir cette pression, elle se relâche : ceci donne naissance au tremblement de terre. Si on avait eu un tremblement de terre de magnitude 8, à l’avenir on aura un tremblement de terre de même magnitude.
AlterPresse : Quelles recommandations ferez-vous à la population haïtienne à l’occasion du deuxième anniversaire du séisme du 12 janvier 2010 ?
C. Prépetit : J’aurais souhaité que l’État Haïtien s’approprie le problème sismique.
Inévitablement, nous devons réduire la vulnérabilité de la population au phénomène sismique.
Si on ne le fait pas, au prochain séisme, nous risquons d’avoir encore plus de deux cent mille morts, trois cent mille morts.
La réduction de la vulnérabilité est de la responsabilité des gouvernements, des collectivités territoriales et des autorités de la justice.
Il faut que la responsabilité soit partagée. Il faut que les gens sachent que c’est à nous Haïtiennes et Haïtiens de prendre notre destin en main pour limiter l’impact du phénomène sur la population.
Parce que nous ne pouvons pas empêcher un séisme de se produire, nous ne pouvons pas, non plus, agir sur un phénomène tout à fait naturel.
Par contre, nous pouvons réduire la vulnérabilité de la population….
J’aurais souhaité qu’il y ait une forme de prise en charge beaucoup plus large de la population générale, pour ne pas compter encore des cadavres au prochain séisme.
[jep kft rc apr 12/01/2012 14:37]

Tuesday, January 31, 2012

Seisme ou secousse sismique au Cap-haitien le 23 janvier 2012?

Definissons le terme  seisme:
Un seisme ou tremblement de terre est la manifestation de la liberation d'energie accumulee par les contraintes exercees sur les roches. Cette liberation d'energie cree ou fait rejouer des failles au moment ou le seuil de la rupture mecanique des roches est atteint. Une faille est une discontinuite ou fracture affectant l'ecorce terrestre montrant un mouvement relatif de deux blocs separes par les failles.

 Une station de radio haitienne durant la semaine du 23 janvier 2012 declarait qu'un tremblement de terre frappa le Cap-haitien. Je me rendais sur le site de l'instititut geologique americain (USGS)  pour confirmer cette nouvelle. Cependant elle n'y etait pas affichee. Une autre recherche plus approfondie a permis de constater qu'un tremblement de terre de magnitude 5.1 frappa la Republique Dominicaine. D'apres le rapport de l'Institut Geologique Americain ce tremblement de terre avait une magnititude preliminaire de 5.1. Son epicentre se situait dans la ville cotiere de Rio San Juan a environ 250 kilometres nord de la capitale et a 35 kilometres nord-est de San Francisco de Macoris. L'institut sismologique de l'universite de Santo Domingo rapportait que son sismographe enregistra une magnitude de 5.4. Juan Manuel Mendez, le directeur du Centre des operations de secours declarait qu'il n'y avait pas eu de dommages. De faibles secousses furent ressenties au Cap-haitien et le long de la cote occidentale de Porto Rico.  Donc selon la depeche de Associated Press il n'y a pas eu de seisme  en Haiti mais plutot des secousses sismiques d'un seisme survenu en Republique Dominicaine. La Republique Dominicaine fut le siege d'au moins deux seismes durant le mois de Janvier 2012. Ces evenements sismiques poussaient les sismologues a affirmer que l'ile serait entree dans une periode de recurrence sismique des tremblents de terre survenus dans la republique d'Haiti durant le dix-huitieme siecle. En d'autres termes d'autres tremblements de terre sont donc predits pour l'ile.




Saturday, January 21, 2012

Rapport sur le processus de rehebergement des personnes deplacees deux ans apres le tremblement de terre

Deux ans apres le tremblement de terre de Janvier 2010 le gouvernement n'a pas de plan global pour resoudre le probleme de rehebergement des personnes vivant sous les tentes. En effet pres de 519.000 haitiens vivent encore sous les tentes et baches dans 758 camps pricipalement dans l'aire metropolitaine de Port-au-Prince et la moitie des debris n'a pas encore ete amassee. Le probleme d'acquisition de terrains pour construire des maisons pour les victimes du tremblement de terre est complexe. Il n'y a vraiment pas de plan de cadastre et le gouvernement n'a pas fait d'efforts pour identifier les terrains de construction ou pour resoudre les problemes poses par ces derniers.

 D'octobre 2011 les agences humanitaires ont construit 96.000 abris provisoires, 4.600 nouvelles maisons et repare 6.600 selon un rapport d'Oxfam. Mais les 96.000 abris provisoires construits risquent de se transformer en abris permanents. Une enquete devrait etre menee sur ces maisons construites et reparees pour juger de la surete de la construction tant au point de vue du respect des normes de construction en vigueur que des normes parasismiques et cycloniques. Les abris provisoires construits sont en majorite en bois, sont relativement couteux et ne peuvent  resister qu'a quelques saisons feroces de cyclones.

Entre-temps 126.000 personnes deplacees confrontent des menaces de deguerpissement force. Les proprietaires de terrains prives veulent des revenus de loyer et les gouvernements municipaux considerent les tentes comme des reperes de bandits. Le gouvernement central n'a pas de plan pour compenser les proprietaires de lots de terre afin que les personnes logees puissent y demeurer jusqu'a une relocalisation permanente.

La Reconstruction fonctionnne a pas de tortue  


Le processus de Reconstruction a marche lentement et pas tres effectivement. Le gouvernement actuel fait des promesses de rehebergement des personnes deplacees mais son plan d'execution a ce sujet n'est pas connu et il n'engage pas la population dans la direction du processus de reconstruction. Les pays donateurs ont contribue a la lenteur de la Reconstruction et durant l'annee 2010-2011 seulement 43% des $4.6 billions promis ont ete verses. De plus l'experience de la Commission Interimaire pour la Reconstruction a ete un echec.

Le gouvernement actuel demeure hesitant a exproprier les terres pour construire de nouvelles maisons. Sa priorite actuelle est la relocalisation de 30.000 personnes vivant dans six camps localises dans les places publiques de Port-au-Prince. Ces personnes viennent de 6 quartiers pauvres de la capitale. De plus 28.000 personnes vivant dans des maisons endommagees beneficieront du programme 16/6 qui accorde un don de $500 aux actuels locataires et $3.500 aux proprietaires pour reparer leur maison et permettre  aux locataires revenus d'y demeurer sans payer de loyer pendant une periode de deux a cinq ans. Le gouvernement se chargera de l'evaluation des maisons repareees. Le gouvernement ne dispose que $36 millions des $78 millions devolus a ce projet et les pays donateurs ont verse moins de la moitie des $97 millions promis pour l'annee 2011.

Haiti a besoin d'un plan clair de logement et de rehebergement avec un calendrier d'actions pour la relocalisation complete et permanente des personnes vivant sous les tentes. Le gouvernement ne doit pas s'enorgueillir d'avoir permis a certaines personnes deplacees de ne plus vivre sous les tentes quand bon nombre de ces personnes ont ete deguerpies des camps de force ou amiablement sans qu'on connaisse si elles soient relogees dans des abris decents ou non. Il ne s'agit pas de vider les camps mais que les personnes relocaliseees aient des conditions de logement et de vies plus decentes comparativement a la situation infernale vecue dans les camps de concentration. De plus la question d'abris provisoires doit etre posee autrement ils deviendront des abris permanents. De plus le gouvernement a refuse d'engager l'expertise de l'Entreprise Publique de Promotion des Logements Sociaux mais celle-ci s'est revelee efficace dans la construction de maisons capables de resister aux severes intemperies.

Le gouvernement doit accelerer le processus de la Reconstruction et permettre aux Haitiens de participer a la planification, la direction et l'evaluation du processus de Reconstruction. Le gouvernement doit creer une agence nationale de Reconstruction pour remplacer la Commission Interimaire de Reconstruction. Il doit aussi etablir ou revitaliser les mecanismes de coordination locaux et nationaux. Il doit impliquer, consulter, engager et communiquer avec les Haitiens en vue d'etablir un plan de deveveloppement et de Reconstruction humanitaire et equitable. Il doit etablir un plan clair de Reconstruction pour la construction de nouvelles maisons, la reparation des maisons existantes, le demolissement des batiments severement endommages et la reconstruction de ces derniers, la resolution du probleme des terres, un budget, un calendrier d'actions pour la relocalisation rapide et effective des deplaces. Il doit aussi eviter les problemes de deguerpissement des lots de terre en resolvant le conflit entre les proprietires et les envahisseurs. Un tel probleme ne pourrait etre resolu qu'en offrant a ces derniers des terrains publics pour construire efficacement ou construire des logements sociaux. Offrir des espaces publics aux gens de faibles revenus por construire leur propre maison sans la subvention et la supervision des organismes d'Etat responsables c'est encourager la bidonvillisation, la pauvrete et la planification de degats materiels et humains comparables a ceux vecus lors du tremblement de terre du 12 Janvier 2010. Le gouvernement doit gerer efficacement l'aide internationale, chercher des moyens creatifs de financement interne et de realisation des projets nationaux de developpement et de Reconstruction. L'Etat doit activement combattre la corruption et exiger aux redevables de payer les taxes. De plus il ne faut pas compter uniquement sur des millions pour realiser certaines choses. L'experience a montre que ces millions reviennent a leurs donateurs. L'engagement ds ressources humaines et materielles nationales peuvent compenser des millions que le pays attend et qui ont des effets devastateurs. L'Etat doit regulariser les organisations internationales et non-gouvernementales operant dans le pays et c'est le role du Parlement de voter des lois y relatives.  

Friday, January 13, 2012

La Republique Dominicaine tire des lecons du tremblement de terre en Haiti mais Haiti tire-t-elle des lecons d'autres pays qui ont ete ravages par les tremblements de terre?

En plus de l'ile d'Haiti la seconde  des plus grandes iles des Caraibes, Haiti et la Republique Dominicaine partagent un autre element commun: les failles sismiques.Les deux nations ont une longue histoire de tremblements de terre en plus de leur vulnerabilite aux cyclones. Tandis qu'Haiti continue de se recouvrir lentement du tremblement de terre catastrophique qui devasta la nation il ya deux ans, sa voisine la republique Dominicaine s'efforce de mieux se preparer contre les desastres futurs.
Au-dessous de la surface de la terre attractive et tropicale se trouvent deux grandes majeures failles sismiques qui preoccupent les experts en desastres naturels. La faille septentrionale du jardin de bananes d'Enriquillo a ete initialement crue comme etant la cause du tremblement de terre qui ravagea une grande partie de la capitale. On se soucie que cette faille puisse produire un nouveau tremblement de terre.    

La faille Septentrionale traverse aussi les deux pays. Bien qu'il ait ete tranquille durant les decades recentes, les experts pensent qu'il merite une certaine attention puisqu'une reduction d'activite peut suggerer un emmagasinage d'energie et un potentiel tremblement de terre dans le futur.  

Environ un des dix tsunamis oceaniques generes durant les 500 dernieres annees survint dans les Caraibes. En 1910 un tremblement de terre violent detruisit une grande partie du sud de la Republique Dominicaine incluant les provinces de Barahona, Azua et San Cristobal. Le tremblement de terre d'Haiti de 2010 genera un tsunami de 2 cm se propageant jusqu'a Santo Domingo, a une distance equivalente a 7 heures de traffic d'automobile de son epicentre a l'ouest de Port-au-Prince. Le 5 janvier de cette nouvelle annee un tremblement de terre de magnitude 5.3 frappa la Republique Dominicaine avec un epicentre situe a 34 milles ouest de la capitale Santo Domingo.   

Contrairement aux cyclones qui interviennent par saisons regulieres, les grands tremblements de terre surviennent apres de longues periodes du temps a la suite de plusieurs generations. C'est la raison pour laquelle en depit de l'enormite des pertes de vies humaines, les tremblements de terre disparaissent graduellement de la memoire collective avec tres peu de connaissances transmises sur la facon de reagir et de sauver des vies. 

" Nous nous concentrons sur les desastres sismiques precisement parce qu'il ya tres peu de gens ayant des experiences a ce sujet et cela les rend plus vulnerable alors qu'il n'y a personne pour leur dire ce qu'il faut faire", declare Daniel Stothart, Conseiller en Management de Desastre National du Plan International de l'organisation des droits de l'enfant dans la Republique Dominicaine

Le Plan a travaille dans la Republique Dominicaine depuis 1987 et a conduit des programmes de reduction des risques de desastres dans differentes provinces du pays durant une periode de plus de quatre ans. La participation des communautes, specialement les enfants et les jeunes est au centre de l'approche du Plan.


Dans une ecole d'Azua l'exercice de protection contre un tremblement de terre se pratique a merveille. Un professeur sonne une alarme indiquant des secousses sismiques. Immediatement les enfants se refugient sous leur bureau et se tiennent en position de defense. Quand le professeur annonce que les secousses ont cesse une annonce publique est faite et les enfants s'assemblent en ligne sur le terrain de jeu a l'exterieur. 


Des enfants comme Moise age de 9 ans ont ete entraines pour sauver leur propre vie et celle des autres durant les tremblements de terre. "Je n'ai jamais experimente un tremblement de terre aussi bien qu'aucun de mes parents ou amis. Mais maintenant je sais ce que je dois faire et comment reagir si cela arrive, " declare-t-il. Tous les eleves et le corps professoral de l'ecole Proyecto 2C participent a des exercices reguliers facilites par les volontaires du Plan. En plus de l'entrainement recu les enfants recoivent un materiel d'apprentissage facile, quelquefois sous forme de jeu, pour apporter a la maison et partager avec leur famille.   

"Riskland" est un de ces jeux, ou les joueurs apprennent ce qu'ils peuvent faire pour reduire les impacts d'un desastre en repondant aux questions relatives a differents scenarios de desastres. Les joueurs produisent leur reponse a ces scenarios. Les questions et les regles du jeu peuvent etre adaptees aux conditions specifiques de chaque communaute.

"Il est tres important que les enfants et les parents recoivent l'entrainement. Je sais que les enfants et les jeunes de mon ecole sont mieux informes et prepares que beaucoup d'adultes sur la facon de reagir aux situations de desastre. Ce qui est encore mieux c'est qu'ils transmettent l'enseignement a leur famille", declare le directeur de l'ecole Jose Nicolas Diaz. 

Des approches engageant le communautes pour minimiser l'impact des desastres sont importantes en Republique Dominicaine ou une grande partie des 10 millions d'habitants est vulnerable au risque sismique du a une planification inadequate et aux constructions de maisons peu resistantes. Construction de mauvaise qualite, manque d'acces a l'eau potable, les difficultes du transport public, la contamination des resources naturelles sont quelques-uns des plus grands defis que confrontent les communautes dans leur vie quotidienne entravant leur capacite a confronter les desastres naturels. A la fin de l'annee nous nous proposons d'atteindre 16000 personnes dans les regions urbaines telles Barahona et Villa Central faisant partie du programme de DIPECHO (le programme de preparation contre les desastres du departement d'aide humanitaire de la Commission Europeeenne) visant les risques sismiques, declare Stothart. La concentration dans les centres urbains est principalement due au risque majeur pose par la forte densite de la population et une planification inadequate des constructions.  Disposant de maigres resources de l'Etat pour se preparer contre les desastres ce sont des jeunes comme Junior Nunez age de 19 ans qui jouent un role de premier plan dans la reduction  du risque des desastres. Etudiant en Droit Junior a ete un volontaire du Plan pendant deux ans et passe presque tout son temps libre a animer des seances communautaire dans les villages sur l'entrainement et l'information des desastres naturels. Equipe d'une walkie talkie il est en communication constante avec la force locale de defense civile. "Je ne fais que diffuser la connaissance acquise par Plan au cours des annees", dit-il. "Je sais que les communautes doivent se proteger contre les desastres et qu'une action rapide peut sauver des vies".