Le but de ce blog est d'eduquer et de discuter a propos des desastres naturels avec un focus sur l'activite et la vulnerabilite sismique, de reporter des informations generales relatives au tremblement de terre d'Haiti du 12 janvier 2010 et aux tremblements de terre du monde. Il met l'accent sur les efforts de reconstruction d'Haiti et la necessite d'utiliser des techniques de conception des structures de batiments et construction parasismique dans la construction des infrastructures physiques.

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Tuesday, April 16, 2013

Reflexions sur la Reconstruction d'Haiti

Ayiti Kale Je a interviewe des acteurs de la Reconstruction sur trois grands themes:

1) L'aide, dependance et souverainete
2) La Commission Interimaire pour la Reconstruction d'Haiti
3) Les questions de vision, leadership et coordination.

Haiti evoluait dans un cadre de dependance etrangere  acceleree depuis des decennies et l'on ne saurait s'attendre a des resultats positifs dans le cadre d'actions et de plans generes dans ces structures de dependance par des acteurs nationaux et internationaux. Les declarations de certains acteurs nationaux et internationaux interviewes montrent qu'ils critiquent une structure a laquelle ils se sont bien accomodes. Les declarations des acteurs internationaux sont hypocrites dans le sens ou la mise en application de leurs recommandations leserait leurs interets. Quant aux acteurs nationaux en particulier les agents gouvernementaux et ceux qui ont participe a la Commission Interimaire pour la Reconstruction d'Haiti leur hypocrisie s'affirme du fait qu'eux aussi ils ont cautionne des actions nefastes pour le pays en connaissance de cause comme le prouvent leurs declarations. D'ailleurs pourquoi n'ont-ils pas demissione lorsqu'ils se rendaient compte de l'inefficacite et de l'illegitimite de la CIRH.

Aide, dependance et souverainete 

L'aide internationale acceleree depuis le regime de Jean Claude Duvalier a trouve des structures politiques, sociales et economiques pour accomplir ses objectifs qui ne sont autres que l'enrichissement de ceux qui l'octroient. Les pourvoyeurs de cette aide utilisent la pauvrete du peuple haitien et les desirs d'accumulation des richesses des elites economiques et politiques en vue d'accroitre leurs propres richesses. Ils utilisent aussi les structures defaillantes de l'Etat pour controler, affaiblir la souverainete haitienne et imposer des choix politiques et economiques. Apres le depart de Jean Claude Duvalier les Haitiens se sont leurres sur la promesse des pays soit-disant amis d'Haiti que l'instauration de la democratie va ameliorer le sort du peuple haitien. Les leaders haitiens de bonne ou de mauvaise haitien se sont appuyes sur ces acteurs interantionaux pour instaurer cette democratie dont ces derniers deviennent des fossoyeurs en favorisant des coups d'Etat ( 30 septembre 1991 et 2004 contre Jean Bertrand Aristide) et des manipulations du processus electoral pour favoriser leur poulain comme c'etait le cas avec l'election de Michel Martelly au pouvoir. C'est dans le cadre de cette dependance etrangere que s'operaient les plans et actions pour la Reconstruction d'Haiti. Les acteurs politiques de cette communaute internationale ne pouvant garantir une certaine apparence de bienfaisance de l'aide ont juge bon de canaliser l'aide vers les ONG, les acteurs prives, les agences bilaterales et multilaterales et d'autres instances non-etatiques. Cette situation prevalait avant le tremblement de terre et continuait apres. Elle est donc responsable de l'echec d'un quelconque processus de Reconstruction car une entreprise d'une telle envergure ne saurait etre confiee a des entites n'ayant aucun rapport a la defense des interets du pays.

Michelle Oriol, directrice du Comite Interministeriel pour l'Amenagement du Territoire, declarait qu'a travers le monde l'aide internationale ne recolte pas beaucoup de succes. Plus loin elle questionne la responsabilite des dirigeants haitiens dans le cadre du financement du Budget de la Republique d'Haiti par les acteurs internationaux. Les dirigeans haitiens operant sur la dictee de l'international, leur patron, ne peuvent que satisfaire a leur desiderata et se trouvent dans l'impossibilite d'articuler un plan national refletant les interets du peuple haiten. De plus l'aide etan corrompue a la base il faut qu'ils agissent en sorte qu'elle fasse partie du budget de la Republique afin de grossir leur compte personnel et celui de leurs acolytes des differents ministeres. Generalement comme le precise Oriol l'aide internationale ne produit pas de resultats a travers le monde et fonctionnant dans ce contexte ne pourrait qu'engendrer des des degats considerables.

Jean Claude Lebrun, representant du secteur syndical au sein de la CIRH denoncait la main-mise des Etats-Unis dans le processus de la Reconstruction par l'intermediaire de differentes organisations notamment celle de la Fondation Clinton tres influente concernant les decisions relatives a la Reconstruction.

William Kenel Pierre, architecte independant, parle plutot de la Reconstruction de notre dignite, de notre souverainete et de la construction d'une nouvelle structure sociale capable de changer la structure actuelle. Cette nouvelle structure sociale eliminerait la situation de dependance etrangere et favoriserait la construction d'une nouvelle Haiti.

Jean-Marie Bourjolly, ex-membre de la CIRH denonce la corruption des dirigeants et le pouvoir absolu des ONG, de la Banque Mondiale et de l'USAID qui n'ont de compte a rendre a aucune entite haitienne. On ne saurait attendre mieux pour un pays evoluant dans un cadre favorisant l'emprise de l'international et ou l'Etat ne defend pas les interets du peuple haitien.

Commission Interimaire pour la Reconstruction d'Haiti  

Pour Jacues Bougha Hagbe, representant du FMI il existait une CIRH deja en Haiti. Elle est representee par des sous-groupes sectoriels discutant des strategies a adopter concernant des secteurs comme l'education, la sante, la gouvernance, etc entre les bailleurs de fonds et le gouvernement haitien. Donc la CIRH n'etait autre que le reflet d'une structure deja existante.

Jean-Marie Bourjolly denoncait l'inutilite d'un tel organisme dans un pays ou les pouvoirs publics assumaient leurs responsabilites. La CIRH a vu le jour a partir de deux etudes:le Post Desaster Need Assessment (PDNA) pour evaluer les degats et le plan d'Action pour le Redressement et le developpement d'Haiti elabore en mars 2010 pour la reconstruction physique et la refondation d'Haiti. Ces deux plans ont donc l'empreinte des acteurs internationaux sans l'influence notable des dirigeants haitiens. Cette absence de l'Etat haitien va donc contribuer a l'echec du plan de Refondation. La CIRH disparaissait en raison non seulement de son illegalite mais de ses incapacites de par sa nature a satisfaire les desiderata du peuple haitien.

Vision, leadership et coordination

Le tremblement de terre a fourni a la communaute internationale l'occasssion d'accentuer une main-mise deja existante sur le pays et l'abence de vision et de leaderrship des dirigeants haitiens. Le tremblement de terre ne fait que prouver l'existence d'une situation existant depuis tres longtemps auparavant. Les acteurs presents sur place ne faisaient que defendre leurs interets interets individuels sauf ceux du peuple haitien et l'on ne saurait s'attendre a une qelconque coordination entre eux au profit d'Haiti

http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/ayiti-kale-je-kreyl/2013/3/26/reflexions-sur-la-reconstruction.html           

Monday, January 21, 2013

Apres 3 ans les camps demeurent les temoins les plus effroyables du drame.

Le 12 janvier 2010 un terrible tremblement de terre detruisit une bonne partie de la ville de Port-au-Prince et de ses environs. Cette catastrophe naturelle a coute la vie a 300.000 personnes. Cependant par la grace divine d'autres ont pu survivre a ce drame effroyable. Face a un Etat irresponsable et incapable ces gens attendaient  la communaute internationale et des volontaires humanitaires a travers le monde qui s'etaient mobilises pour venir en aide a ces gens. Ils ont perdu leurs maisons et dormaient dans la rue. L'aide consistait dans un premier temps a fournir des tentes ou abris provisoires a ces gens. Dans un second temps l'Etat haitien devrait mettre sur pied et appliquer un plan de reconstruction pour les maisons, les batiments publics et prives detruits. C'est ce que signifie la Reconstruction de maniere tres simple bien que l'on pense qu'il faudrait profiter de cette occassion pour rebatir le pays tout entier dans toutes ses composantes.

Face a l'irresponsabilite et l'incapacite de l'Etat les marines americains prennaient le controle exclusif de l'aeroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince. Le controle aeroportuaire monopolisait l'aide arrivant des Etats-Unis bien que cette aide vint de toutes parts. De l'autre cote de la frontiere les dominicains s'etait mobilises pour aider une nation voisine. Cette generosite allait se convertir en farce par la suite compte tenu des avantages enormes que la republique dominicaine allait beneficier de ce drame effroyable qui frappa le peuple haitien. En particulier les compagnies dominicaines beneficiaient du privilege d'obtenir de nombreux contrats de Reconstruction grace a la connivence du senateur dominicain Bautista et de l'actuel President d'Haiti Michel Martelly. En effet une journaliste dominicaine Nuria Piera accusait l'actuel chef d'Etat haitien d'avoir recu des pots-de-vin du senateur domincain en vue d'accorder des prerogatives exclusives de contrats de Reconstruction aux compagnies de construction de ce senateur.  La facon dont l'aide d'urgence arriva presageait deja une farce. Beaucoup de gens ne pouvaient pas beneficier de tentes et des besoins de premiere necessite: eau, nourriture, etc. Les victimes construisaient elles-memes leurs abris de fortune comme elles pouvaient avec des toiles, des morceaux de planche et quelques feuilles de toles. Ce spectacle etait visible sur l'une des places publiques de la capitale situee au champs de mars en face du palais national detruit aussi par le tremblement de terre. Les victimes se plaignaient de l'absence d'aide de la part des organismes de secours arrives en sauveur. Entre-temps des conferences internationales se multipliaient a droite et a gauche. Une structure appellee Commission Interimaire de Reconstruction d'Haiti fut creee en vue de coordonner une aide de quelques billions de dollars. Cette Commission fut tres decriee par la suite et actuellement n'existe plus. Les signes avant-coureurs de l'aide d'urgence presageaient le meme sort a la Reconstruction. La communaute internationale s'est enrichie grace aux malheurs du peuple haitien. Le peu d'aide decaisse servait a grossir les salaires et les revenus des organisations internationales et a but non lucratif participant a la distribution de l'aide d'urgence. De fortes sommes d'argent allaient grossir les revenus de nombreuses firmes de construction etrangeres pour faire des etudes sur la Reconstuction durant la presidence de Rene Preval. En particulier la fondation Prince Charles a ete remuneree par de fortes sommes d'argent pour des etudes sur la Reconstruction du centre de Port-au-Prince. D'autres debours ont aussi ete faits concernant un projet de reconstruction au fort national. Ces projets n'ont pas eu de suite. Ces deux exemples ne constituent que quelques-uns parmi tant d'autres etudes realisees par des firmes etrangeres et pour lesquelles elles ont ete remunerees. D'autres compagnies americaines ont vu dans cette catastrophe qui frappa le peuple haitien une occasion pour augmenter leurs chiffres d'affaires. Ces compagnies ont construit des modeles de maison dans la zone d'Orange dans un but humanitaire offrant ces maisons a des locataires necessiteux qui devraient les entretenir pour que de potentiels acheteurs puissent les visiter. En effet ces derniers ayant une fois visite ces maisons et satisfait les firmes peuvent par la suite construire d'autres maisons pour les vendre. Les potentiels acheteurs cibles sont les organisations etrangeres internationales oeuvrant dans le domaine du logement en Haiti. Alors que 400.000  personnes victimes du tremblement de terre continuent a  vivre dans des conditions effroyables ces abris restent vides et les abris construits dans la meme zone sous le nom de 400/100 servent de latrines aux voisins de la zone.

Qu'en est-il de l'action du present gouvernement?. D'abord ce gouvernement elimina le decret du gouvernement Preval declarant d'utilite publique le centre ville de Port-au-Prince. Ce gouvernement fait aussi la publicite d'avoir deloge plus d'un demi-million de persones des camps. Cependant pour le secretariat de la plateforme des organisations de droits humains ces actes de relogement ne constituent qu'une "eviction en douceur". En effet plusieurs personnes delogeant les camps ont ete contraintes de force par le gouvernement. C'est le cas de plusieurs camps notamment celui de la place de Jeremie. Le programme 16/6 du gouvernement donnait une allocation de 20.000 gourdes (470 dollars americains) aux participants pour affermer  des maisons. En effet ces derniers declaraient que compte tenu du cout exagere de la vie il est difficile de trouver avec cet argent une maison pour loger une famille. De plus le gouvernement n'est pas en mesure de dire ou vivent les personnes deguerpies. Guerline, membre de l'organisation Frakka declara que le gouvernement ne fait que gerer les zones qui "genent leurs yeux". "C'est une gestion de facade", declare-t-elle. Entre-temps les deplaces vivant actuellement dans les camps continuent de mener une vie terrible. Les balles, les gaz lacrymogenes ne constituent que leur seul espoir declaren l'un d'entre eux. De leur avis le president actuel n'a pas satisfait les promesses electorales. Pour le Frakka et la plateforme des organisations des droits humains le relogement des deplaces devrait desormais commencer en identifiant des terrains situes en de hors de la capitale haitienne. Ces terrains devraient servir a la construction de quartiers modernes executes suivant un plan d'action incluant la participation des personnes concernees. Pour la majorite des Haitiens la Reconstruction n'a pas encore commence . De nombreux observateurs et analystes voient dans le spectacle se deroulant durant ces trois ans celui de cynisme, de gaspillage, de corruption. Les maisons construites par le gouvernement ont ete decriees. Quelques-unes des maisons construites a Zorange a la Croix-des- bouquets servent de latrines aux habitants de la zone. Celles situees a Morne-a-cabrits ne constituent que de petites cahutes et ressemblent a de petites tombes.

Lire aussi: Haiti-seisme trois ans: ...
http://www.touthaiti.com/touthaiti-actualites/1669-haiti-new-york-times-expose-un-immense-gaspillage     

Sunday, December 23, 2012

Expo Habitat: exposition de gaspillage, de cynisme

La Reconstruction de logements destines aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 n'est pas un secret pour personne. Ce que les gouvernements haitiens et la communaute internationale ont offert  au peuple haitien est visible. Elle est mise en exergue par Ayiti Kale Je, un journal investigateur qui a publie plusieurs articles sur ce sujet. Les maisons construites representent de petites cahutes. Elles choquent la vue humaine. En depit des bidonvilles faits d'abris pour se proteger contre le soleil et la pluie, les Haitiens qui ont eu les moyens de construire leurs maisons construisaient des abris decents en attribuant a ces maisons une certaine elegance architecturale digne d'une demeure vivable. Un article publie par Ayiti Kale Je le mois de septembre dernier concernant le projet Expo Habitat, l'un des premiers projets ayant recu un financement apres le tremblement de terre du 12 janvier 2010 debute ainsi:

Zoranje, HAÏTI, 24 septembre 2012 – L’odeur et la vue qui accueille le visiteur à cette sinistre collection de plus de 60 maisons et édifices multicolores frise l’obscénité. Certaines maisons sont jonchées d’excréments humains, leurs salons et cuisines fraichement construits transformés en latrines publiques. Quelques-unes semblent occupées par des « squatters ». La peinture est écaillée. Les portes ont été extirpées des charnières. Les toilettes et les éviers, arrachés.

C'est un spectacle triste pour un pays recemment ravage par le tremblement de terre du 12 janvier 2010 ou trois ans apres cette tragedie environ 300.000 victimes continuent de vivre sous les tentes. De plus des millions d'autres habitants vivent dans des abris indecents et  revent de s'epanouir dans des logements adequats. Bien que ce projet n'ait ete concu en vue de beneficier directement aux victimes du 12 janvier 2010 il aurait cependant ete bien accueuilli dans un pays ou le logement represente un probleme crucial. Dans le cadre de l'enquete sur ce projet les journalistes d'Ayiti Kale Je ont pose la question: Pourquoi ces maisons sont-elles toujours vides alors que 300.000 victimes du seisme sont toujours sans domicile? J'ajouterai une autre question: "Pourquoi ces constructions on ete vilipendess par ceux qui supposement devraient etre les beneficiaires"?

Selon un constructeur potentiel: "Haiti est un pays d'irresponsables. Tout le monde a ete paye, tout le monde a travaille mais personne n'est responsable". Du point de vue d'un acteur de ce projet son echec se resume a l'irresponsabilite des differents acteurs qui n'ont pas su faire avaler a la populatrion un projet non conforme a ses interets. "Au terme ces maisons seraient transferees aux familles sans domicile qui devraient les entretenir afin que les acheteurs, les agences humanitaires ou les constructeurs prives interesses puissent les visiter en tout temps". "C'etait une situation gagnante gagnante, affirme M. Voltaire en entrevue exclusive avec AKJ, le constructeur fait un don qui lui sert de modele a faire visiter aux ONG".

Il est evident suivant ces citations que les projets de construction n'etaient pas concus dans un but humanitaire. L'objectif est de profiter financierement d'une catastrophe qui a coute la vie a plus de 300.000 habitants et cause de nombreux degats materiels. Meme visant un objectif financier ces profiteurs devraient avoir la decence d'offrir a la population quelque chose d'appreciable. Ces gens ne meritent pas un minimum de luxe. Pour les acteurs nationaux et internationaux il s'agit d'offrir a la population un "bouilli vide" et d'empocher l'argent le plus rapidement possible. Le but de la construction de ces maisons etait de servir d'exposition pour la construction de maisons que les acteurs pourraient vendre aux eventuels acheteurs. Les victimes du tremblement de terrre du 12 janvier 2010 devraient servir de paravent dans la facilitation de cette escroquerie financiere. La population en a bien compris. Ils ont reagi a ce spectacle hideux. Ils ont utilises les pieces de ces maisons pour latrines. Ils en ont arrache portes et fenetres. Meme les animaux et les plantes ont participe a ces actions vilipendantes. Des herbes ont rapidement pousse servant de pature aux animaux. Donc ceci represente une des actions defavorables au bien etre des classes defavorisees de la population haitienne par les acteurs nationaux et internationaux apres la terrible tragedie du 12 janvier 2010. Il n'y a plus de place a la compassion pour des profiteurs nationaux et internationaux. Leur objectif est de faire le plus d'argent possible meme dans des conditions les plus horrifiantes pour les defavorises. D'ailleurs ces derniers doivent toujours etre mmaintenus dans leur etat de misere afin qu'ils en puissent beneficier financierement. C'est dans le cadre de cet esprit de gains financiers que regnent la corruption, le kidnapping, l'insecurite aujourd'hui revelees comme etant des pratiques de l'Etat haitien et des classes dirigeantes devant le regard passif des acteurs internationaux beneficiaires de cette situation. On ne peut plus continuer a vivre dans une situation d'immoralite totale. C'est a la population de se reveiller en vue de renverser cette situation et de batir une societe juste et equitable. Lisez l'aticle de Ayiti Kale Je "Expo Habiat: exposition de gaspillage, de cynisme" pour en savoir davantage.        

Saturday, July 7, 2012

Haiti-Environnement: Demolition au Morne l'Hopital

Il apparait generalement que l'Etat bourgeois se comporte toujours comme demagogue en faisant semblant de satisfaire les interets des masses populaires. L'Etat devrait en principe aider les citoyens  a satisfaire leurs besoins primaires, secondaires et tertiares etant donne que les citoyens individuellement ou en groupe n'ont pas les capacites de mettre les structures adequates en vue de la realisation de ces objectifs. Ce role apparait naturel dans la mesure ou l'Etat detient cette prerogative des citoyens. En assurant la securite de tous les citoyens, creant des infrastructures, collectant des taxes, fournissant des services de base a tous l'Etat devrait se pencher sur le sort des plus demunis non pas de maniere demagogique et humiliante mais en les aidant a se relever de leur etat lamentable. L'Etat ne devrait pas se comporter en paternaliste a des fins electorales. Certes des leaders exemplaires peuvent etre reconnus et veneres pour leurs accomplissements envers les masses populaires mais ils ne devaient pas pour autant etre paternalises. Malheureusement en Haiti on est toujours pret a acclamer des leaders demagogiques qui faillent a leur role en jetant de l'argent par terre au peuple comme des chiens ou en exhibant la plus grosse demagogie par des cadeaux d'automobiles ou de motocyclettes a une poignee de gens alors que la majorite croupit dans la misere la plus abjecte. Je fais cette introduction tout simplement pour souligner le caractere demagogique de l'Etat haitien dans la gestion du dossier du morne l'Hopital. On peut lire le libelle du projet de demolition des maisons du morne l'Hopital concu en trois paragraphe dans la derniere edition du journal le Matin comme suit:


"Le projet

Plus de 50 mille maisonnettes couvrent le Morne de l'Hôpital, s’étendant de Pétionville à Carrefour, en passant par Port-au-Prince. Y vivent plus de 246 mille personnes. Au cours des dernières décennies, les constructions anarchiques se sont poursuivies dans l’indifférence totale des autorités constituées. Habitant au flanc de la montagne, les gens sont exposés à toutes sortes de menaces. Parfois, ils figurent parmi les premières victimes des catastrophes naturelles. C’est pour prévenir un drame de grande ampleur que le gouvernement Martelly/Lamothe dit vouloir les déplacer.

Selon la première étape du projet, 200 sur un total de 450 maisonnettes seront détruites. Le secrétaire d'État à l'Environnement fourbit ses armes dans ce dossier perçu comme une patate chaude. Pierre André Gédéon est pressé. Il veut entamer la démolition « des constructions anarchiques au morne de l'Hôpital ». Un délai de quinze jours est accordé aux habitants pour vider les lieux.

Mille deux cents personnes bénéficieront d'un emploi à court terme, dans le cadre de ce projet de démolition. Un espace serait disponible pour les riverains, qui recevront, dans un premier temps, une somme de 100 mille gourdes. Ensuite, ils recevront entre 20 et 25 mille gourdes. Évasif dans ses interviews, le secrétaire d’État est peu pressé d’informer où ces personnes seront logées. « Nous travaillerons à l’identification des sites devant les recevoir », a-t-il seulement indiqué."

L'analyse du premier paragraphe de ce clip permet de comprendre que le morne l'hopital fait face a toutes sortes de menaces: naturelles ou non. Le journal pecise que le gouvernement veut demolir les habitations pour "prevenir un drame de grande ampleur" sans preciser la nature de ce drame. La non precision de ce drame peut signifier que le morne l'Hopital est devenu un repere de bandits et que les habitants font face a une veritable menace d'insecurite physique. De toute facon une telle menace ne se previent pas par la destruction de maisons. Donc la decision de detruire des maisons a ete prise parce qu'elles constituent une menace pour l'environnement et la vie des personnes qui y habitent.

Les deux autres paragraphes montrent l'enthousiasme du secretaire d'Etat a l'Environnement a realiser ce projet, le nombre de maisons qui seront detruites et une promesse d.argent a ces gens en contrepartie de ces maisons detruites. Cet acte demontre l'irreverence la plus totale de l'Etat envers une population qu'elle represente. Cela parait insense quand l'Etat vient vous dire que votre maison serait detruite apres avoir ferme les yeux sur une telle situation deconcertante. L'Etat  ne devrait pas en premier lieu permettre la construction de ces maisons. L'Etat est responsable de la bidonvillisation d;une capitale devenue surpeuplee. Ce surpeulment pousse les gens a construire n'importe ou: dans les ravins, le flanc des mornes, etc. Etant donne que l'Etat est responsable d'une telle situation son role devrait etre de commencer a concevoir un plan d'urbanisme. Dans ce plan devraient etre concues des maisons pour loger des personnes vivant dans des abris representant une menace pour l'environnement, la sante et le confort des habitants de tels quartiers. La Reconstruction devrait permettre a l'Etat d'eliminer la bidonvillisation et les menaces decoulant des catastrophes naturelles. En effet l'Etat ne fait que reproduire le meme shema utilise pour delocaliser les personnes vivant sous les tentes. En voulant demagogiquement delocaliser les personnes vivant sous les tentes et proteger l'environnement l'Etat ne fait que generer de nouvelles menaces aux catastrophes naturelles. En effet ces gens avec la maigre pitance allouee vont construire de nouvelles maisonnettes reproduisant le shema qu'on veut eviter.

Ce projet a souleve de fortes protestations des habitants de la zone. En effet une manifestation composee de personnes venat de plusieurs regions du morne l'Hopital a ete reprimee par la MINUSTAH. Une organisation denomme FRAKKA a reagi contre cette decision de l'Etat. Cette organisation declarait que l'Etat est responsable de cette situation dont il ne fait qu'encourager par le biais du programme 16/6. L'organisation cite le cas de Canaan representant un shema de rebidonvillisation des quartiers detruits apres le tremblement de terre sur cette portion de terre. Les protestataires du morne l'Hopital se proposent de joindre a l'organisation FRKKA en vue de traduire l'Etat en justice.

A lire aussi:




  

Wednesday, June 20, 2012

La sombre histoire d'une "Haiti ouverte aux affaires" n'est-elle pas la cause majeure du sous-developpement chronique d'Haiti?

Recemment faisant une exploration virtuelle de la Republique Dominicaine j'ai pu constater comment ce pays depasse la Republique d'Haiti. Recemment la presse relatait la declaration selon laquelle il faut trente ans a Haiti pour atteindre le niveau de la Republique Dominicaine. Ceci pourrait s'effectuer si les Haitiens pouvaient prendre conscience des causes du sous-developpement chronique d'Haiti et decider a elaborer un plan de developpement fonde sur des structures politiques, economiques et sociales non oppressives. A la suite de mon exploration faite d'images tangibles de la Republique Dominicaine qui la placent au rang de pays pourvu d'infrastructures physiques de developpement en depit de son sous-developement l'avance de ce pays par rapport a la notre est flagrante La Republique Dominicaine entre autres est dotee d'un chemin ferroviaire, de plusieurs campus universitaires que nous n'avons pas. Ces infrastructures cachent souvent la misere, des problemes sociaux et economiques des couches defavorisees. Cependant elles detiennent un certain avantage et elles seraient pleinement benefiques si leur utilisation beneficiait toutes les couches sociales de la population. Des campus universitaires modernes ont un impact faible sur le developpement si le taux d'eleves qui leur sont accessibles est tres bas et le taux de diplomes par rapport au nombre d'admis est aussi bas.

L'histoire d'Haiti et nos experiences sur cette terre sont la pour nous demontrer les causes de notre sous-developpement. Cependant apres cette exploration mentionnee plus haut je m'etais prolonge dans une reflexion profonde pour trouver du fond de ma conscience les causes de nos malheurs. Coment un pays qui a occupe la Republique Dominicaine pendant 25 ans soit dans un si piteux etat? Comment un pays qui a vaincu les armees napoleoniennes pour conquerir son independance se soit trouve a ce niveau? Comment un pays qui, apres avoir conquis vaillament cette independance, construsit des forts strategiques a travers tout le pays pour empecher le retour a l'esclavage a vite  lache prise pour se depouiller de sa fierte d'hommes libres et se livrer a des dissensions internes et le retour a l'oppression sous une autre forme?. Les colons ne pouvant retablir physiquement l'esclavage et profitant de nos dissensions internes se sont evertues a continuer notre oppression bien apres l'independance. Cette oppression date de 1492 jusqu'a nos jours. Elle a commence avec l'exploitation des mines d'or avec l'arrivee de Christophe Colomb,a  continue avec l'esclavage puis s'est poursuivie apres l'independance avec l'exploitation des puissances coloniales directement en intervenant dans la direction des affaires politiques, economiques et sociales du pays et indirectement par le bias de compagnies etrangeres telles la SHADA, la SEDREN, la REYNOLDS et bien d'autres avant qui ont depouille les paysans de leurs terres et s'approprier de nos resources minieres. L'aspect economique de cette exploitation economique s'est accentuee durant le regime de Jean-Claude Duvalier avec les usines de sous-traitance. Elle a pris du poils avec le gouvernement de Preval qui s'etait oppose a une augmentation du salaire des ouvriers travaillent dans les industries nationales et internationales. Elle continue avec le gouvernement Martelly "ouvrant le pays aux affaires" avec l'intallation des industries a Caracol, l'exploitation de nos ressources minieres sans redevance pour les ouvriers et le pays tout entier. Ayiti Kale Je a travers les lignes suivantes nous rappelle la triste histoire d'une Haiti ouverte aux affaires depuis cinq cents vingts ans. Quand va-t-on briser ces chaines pour trouver la voie du developpement? La reponse est au peuple haitien qui doit prendre son destin en main.

Les mines d’or planifiées dans le nord d’Haïti sont l’aboutissement de siècles d’extraction des ressources minérales, naturelles et agricoles du pays, par des envahisseurs et des investisseurs étrangers.
1492 : À sa première visite, Christophe Colomb écrit dans ses carnets de voyage que le peuple de ce qui allait devenir Hispaniola—l’île englobant aujourd’hui Haïti et la République Dominicaine—a offert aux navigateurs de l’or « avec une telle générosité de cœur et une telle joie que c’était magnifique ». Tous les commentaires parlent de « grandes pépites d’or » et de « pépites grandes comme la main. »
    Au cours des années suivantes, des centaines de milliers, sinon des millions d’autochtones meurent dans les mines d’or, ou de maladies importées d’Espagne.
    Une décennie après la découverte de Christophe Colomb, la couronne d’Espagne était déjà en train de prélever son « cinquième » (20 pour cent) de tout l’or des Caraïbes, puis, recueille 8000 ducats d’or (environ 25,061 kg) en 1503 et 120 000 ducats (376.254 kg) en 1518.
Christophe Colomb et ses hommes ont souvent échangé des cloches et des babioles contre des pépites d’or.
1697-1804 : Le labeur d’environ 800 000 esclaves d’Afrique vaut à la colonie française le surnom de « Perle des Antilles » grâce à l’immense richesse produite pour la couronne française et grâce au sucre, au café et à l’indigo exportés par des investisseurs français. Selon certains chercheurs, en 1789, la colonie exporte la moitié de la production mondiale de café et représente environ 40 pour cent du commerce extérieur de la France.
Un explorateur se tient près du puits d’une mine
datant du 16e siècle.
Photo: Florida Museum of Natural History
1857 : Le capitaine américain Peter Duncan proclame l’île de La Navase, à l’ouest d’Haïti, territoire américain, en vertu du Guano Islands Act de 1856, qui autorise tout citoyen américain à « prendre possession… d'une île ou d’un rocher » contenant des gisements de guano « si elle est inoccupée ou qu'elle n’est pas soumise à la juridiction d'un autre gouvernement. » À l’époque, le guano, ou fiente d’oiseau, est un engrais très recherché.
    La Navase fait partie d’Haïti, mais peu importe. Les États-unis réclament île et érigent une ville-entreprise pour extraire la fiente. Aujourd’hui, si la compagnie a fermé, La Navase, considérée par Washington comme un territoire américain, est toujours revendiquée par Haïti, qui en fait état dans sa constitution de 1987.


Une carte indiquant l’emplacement
de la Navasse («
La Navassa » sur
les cartes américaines). La Constitution
haïtienne la réclame comme une partie
de son territoire.

Vue aérienne de La Navasse, prise de l’espace. L’ile fait environ 5,2 kilomètres. Image : courtoisie du Image Science & Analysis Laboratory, Centre spatial NASA Johnson
1910 : La Hayti Mines Company, sise à New York, achète la Compagnie Minière de Terre-Neuve. Pendant une période de dix ans, la compagnie exporte 436 tonnes de cuivre. Aucune autre information n’est disponible.
1911 : L’entrepreneur James MacDonald est financé par la WR Grace, ce qui lui permet de prendre le contrôle de la compagnie ferroviaire nationale d’Haïti. En échange de l’éventuelle construction d’un chemin de fer jusqu’à la ville du Cap-Haïtien, il obtient pendant 50 ans la concession des 2 km de terres bordant de part et d’autre les 320 km du futur chemin de fer, pour des plantations de bananes, et le monopole de l’exportation de cette denrée. La compagnie MacDonald émet pour 35 millions de dollars US d’obligations, garanties à 60 pour cent par le gouvernement haïtien. MacDonald échoue et prend la fuite. Pendant l’occupation américaine, le gouvernement haïtien est forcé de rembourser plus de 4 millions de dollars aux investisseurs.
1915-1934 : Les États-unis occupent Haïti. En 1913, le Président Woodrow Wilson explique que « Notre responsabilité envers le peuple américain nous force à aider les investisseurs américains en Haïti ».
    En 1914, les Marines américains s’emparent des réserves d’or d’Haïti, et en quelques mois entament la plus longue occupation américaine à ce jour.
    De 1917 à 1927, un territoire de plus de 1000 kilomètres carrés est cédé aux compagnies américaines, et après 1928, 1000 autres kilomètres carrés sont vendus à des compagnies américaines, grâce à une loi passée par un gouvernement fantoche permettant aux étrangers d’acheter des terres. Des dizaines de milliers de familles paysannes sont expropriées de leurs terres pour faire place aux plantations d’ananas, de bananes et de sisal. Ces plantations appartiennent à des firmes connues comme United Fruit et Standard Fuit, ainsi qu’à de nouvelles compagnies comme Haitian Products Co., Haitian American Co. Et la plupart des investissements finissent en faillite.
    Pendant cette période, on assiste également à une migration massive de travailleurs haïtiens, légale ou non, vers Cuba et la République dominicaine, en quête de travail. On ne connaît pas le nombre exact, mais de 1915 à 1930, de 5 000 à 20 000 Haïtiens, surtout des travailleurs, émigrent légalement chaque année à Cuba.
1935 : La Standard Fruit and Steamship Company signent une entente de 10 ans avec le gouvernement, renouvelée pour cinq autres années. Ainsi, la firme de Nouvelle-Orléans obtient le monopole sur toute exportation de banane pendant dix ans, et sur la plupart des exportations entre 1945 et 1950. En 1945, dans la seule vallée de l’Artibonite, la compagnie contrôle directement un territoire de 3 900 hectares et achète en plus les bananes des petits paysans provenant d’un territoire de 5 000 hectares. Les agriculteurs qui refusent de produire de la banane sont souvent victimes de répression et voient leurs champs brûlés.  En 1945, la banane se classe parmi les principales exportations du pays, mais la corruption des fonctionnaires, entre autres, la plongent dans un déclin graduel.
1941 : On établit la SHADA, ou Société haïtiano-américaine de développement agricole, pour approvisionner le gouvernement américain en caoutchouc et en sisal (pour la corde) dans le cadre de l‘effort de guerre déployé pendant la 2e Guerre mondiale.
     La société se voit accorder un prêt de 5 million de dollars US par la banque américaine d’import-export (EXIM) et une concession de près de 60 000 hectares de terre agricole et de pinèdes, pour la coupe et la culture du caoutchouc et du cryptostegia, un arbuste à caoutchouc. La SHADA obtient également un territoire de plus de 130 000 hectares dans le nord et le nord-est, qu’elle coupe à blanc pour planter du sisal. Les paysans chassés de leurs terres reçoivent une maigre pitance – de 5 $ à 25 $ par carreau (3,19 acres) – en compensation. On coupe alors un million d’arbres fruitiers dans le sud-ouest d’Haïti (Grand’Anse). En une seule année, en 1943, plus de 30 000 familles sont expulsées de leurs terres.
    Le projet caoutchouc ferme en 1945 avec un déficit de 6,8 millions de dollars. D’autres projets de la SHADA perdent plus de 2 millions de dollars la même année. La SHADA est considérée comme le pire fiasco en « développement » de l’histoire d’Haïti.
Ouvriers haïtiens dans une plantation de sisal
1944 : La Reynolds Haitian Mines Inc. obtient le monopole exclusif de la bauxite et la concession de l’exploitation d’une mine près de Miragoâne. En l’espace d’environ 40 ans, 13,3 millions de tonnes de bauxite partent vers Corpus Christi, au Texas. La bauxite haïtienne représente près du cinquième de toute la bauxite acquise par la Reynolds de 1959 à 1982. La Reynolds a accès à 150 000 hectares de terres. Des milliers de familles sont expropriées.
     Le gouvernement haïtien empoche d’abord 90 cents US, puis 1,29  dollar us par tonne métrique. Quand Haïti forme, avec d’autres pays, l’International Bauxite Association (IBA), en 1974, les redevances montent une fois de plus, mais au bout de six ans, la Reynolds se retire après avoir extrait une grande partie de la bauxite, à la recherche de pays moins gourmands en redevances.
     Durant ses 4 décennies en Haïti, la Reynolds n’a construit que 13 kilomètres de route et embauché qu’environ 300 personnes.
L’ancienne usine et le quai de la Reynolds, près de Miragoâne, en Haïti
 1955 : La Société d’exploitation et de développement économique et naturel (SEDREN), filière de la canadienne Consolidated Halliwell, obtient un droit d'exploitation du cuivre dans la région de Mémé (Terre-Neuve/Gonaïves). Pendant 12 ans (1960-1972), la SEDREN exporte 1,5 millions de tonnes de cuivre, évaluées à environ 83,5 millions de dollars. Le gouvernement en a reçu environ 3 millions de dollars US.
    À son apogée (en 1971), l’industrie minière (Reynolds et SEDREN) totalise à peine 889 employés, rémunérés au salaire minimum, soit moins de 70 cents us par jour. Tout le personnel qualifié provient de l’étranger.
Et que disent les historiens?
    L’économiste Fred Doura qualifie l’économie haïtienne d’« extraversion dépendante », ponctuée d’enclaves. À propos des mines, il écrit :
    « L’industrie extractive en Haïti a été l’exemple type d’une industrie ‘enclavée’ soumise à la domination étrangère où deux transnationales nord-américaines ont exploité principalement les minerais de bauxite et de cuivre… l’impact était quasiment nul sur l’économie. » [Économie d’Haïti – dépendance, crise et développement (2001)]
    Alex Dupuy, sociologue et historien, abonde dans le même sens.
    Ce professeur de la Wesleyan University explique à Ayiti Kale Je dans une entrevue téléphonique, en février 2012 : « Historiquement, les investissement étrangers n’ont eu aucun impact positif sur la population haïtienne en général… D’habitude, quelques membres de l’élite haïtienne bénéficient, l’État prend sa part et tous les profits vont à la compagnie. »
    « Les paysans ont de bonnes raisons de se méfier de toute proposition d’investissement étranger en Haïti, car ils savent très bien comment ces projets se sont soldés par le passé, » ajoute le professeur, auteur de « Haiti in the World Economy – Class, Race and Underdevelopment (Haïti dans l’économie mondiale : classes, races et sous-développement) ».
    « Ils viennent investir ici pour leur bien et non pour le pays ni pour les paysans. Ils s’approprient les terres des paysans et leur volent leur unique gagne-pain. Alors, pourquoi les paysans leur feraient-ils confiance, à eux, au gouvernement central de Port-au-Prince, ou à quiconque? »


Tuesday, June 12, 2012

Qui beneficie des ressources minieres du sous-sol haitien?

Dans des pays sous-developpes comme Haiti ou la Republique Dominicaine la presse a-t-elle la capacite de contribuer au developpement? La corruption des dirigeants de ces deux gouvernements donne a une presse investigatrice l'allure d'une veritable machine a sensations. De temps a autre une nouvelle fait sensation disparait et fait place a une autre. Il n'existe pas d'autorites capables de resoudre les problemes souleves par la presse ou d'un systeme judiciaire capable de faire suite aux allegations de corruption. De ce fait la presse ne peut affirmer sa credibilite aupres du public. L'existence de minerais dans notre sous-sol evaluant a pres de vingt milliards de dollars fait la une de beaucoup de medias haitiens et etrangers. Des enquetes menees par Ayiti Kale Je devoilent la main-mise des compagnies etrangeres sur ces resources sans aucune redevance pour le peuple haitien. L'historique du pillage de nos richesses naturelles est mis a jour par les medias. En fin de compte a quoi tout cela va-t-il aboutir? Le gouvernement haitien et quelques jeunes a la recherche de billets de dollars pour aider les etrangers dans la recherche des minerais sont deja partie prenante de cette extorsion de nos richesses naturelles. J'ai regarde avec tristesse dans le video a la fin de cet article les declarations naives d'un jeune haitien disant "aimer les etrangers" et leur travail dans la region du nord ou les mines sont exploitees se souciant guere du pillage des resources naturelles par ces etrangers. Ces jeunes livres a la misere se rejouissent de quelques billets de dollars que le travail d'exploitation miniere peut leur apporter peu importe les gros benefices recoltes par les compagnies etrangeres. Tres peu de citoyens dans le nord, lieu d'exploitation de ces resources minieres, se soucient des mefaits de l'environnement resultant de l'exploitation miniere et des desavantages economiques d'une telle entreprise d'exploitation de nos ressources naturelles mais ils sont impuissants a empecher l'execution de ces actions ehontees. D'autre part des paysans du nord pratiquent eux-memes le travail d'extraction des minerais du sol depuis des generations. Un Etat responsable s'il existait pourrait eventuellement exploiter ces ressources minieres au benefice de la nation entiere et du meme coup employer ces paysans et bien d'autre ayant developpe une certaine pratique d'exploitation et du commerce de ces ressources. Les resultats de l'enquete d'Ayiti Kale Je sont alarmants:

" • Près de 3885 kilomètres carrés de territoire haïtien, soit 15 pour cent de tout le pays, sont déjà sous une licence de recherche, d’exploration ou d’exploitation, ou sont soumises à une convention contrôlée par des firmes américaines et canadiennes.
• À elle seule, l’Eurasian Minerals, une des firmes en question, a prélevé 44 000 échantillons.
• La Newmont Mining, deuxième producteur d’or au monde et qui exploite la plus grande mine en Amérique, a largement investi auprès d’Eurasian et envisage la possibilité d’exploiter au moins cinq sites miniers.
• L’ancien ministre haïtien de l’économie et des finances travaille aujourd’hui comme consultant pour la minière Newmont.
• Deux ministres haïtiens ont récemment signé avec Newmont et Eurasian un « protocole d’entente » selon lequel – et en violation de la loi haïtienne – les compagnies peuvent commencer le forage dans un des sites en exploration. Or, la loi haïtienne stipule qu’aucun forage ne peut être entrepris sans une convention minière.
• Équipée d’une poignée de véhicules et de quelques de géologues, l’agence d’État, n’a pas les moyens de superviser les opérations de forage et de recherche en cours au nord du pays.
• Personne ne semble enclin à parler aux communautés de ce qui se passe dans le nord et des ententes conclues derrière des portes closes".

De toute facon seule une mobilisation de la population contre ce pillage ehonte pourrait freiner sa poursuite. Cependant on ne voit pas la possibilite d'une telle mobilisation. Le gros des benefices ira a ces compagnies. Quelques miettes iront aux dirigeants pour les services rendus et le peuple ne beneficiera rien continuant a patauger dans sa misere.

Wednesday, May 9, 2012

A quand une rassurance de la population haitienne concernant les secousses sismiques et un amenagement urbain de la capitale et de tout le territoire?

Les ravages du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont laisse des sequelles quasi indelebiles dans l'esprit de la population. L'Etat haitien n'a pas fait assez d'efforts pour rassurer la poplation en ce sens.  Des spots publicitaires ont ete passes a la radio concernant les precautions a prendre lors d'un tremblement de terre. Certains Haitiens semblent avoir des rudiments de connaissances a propos des caracteristiques d'un tremblement de terre et les mesures a prendre lors d'un eventuel seisme. Considerant la population totale on pourrait se demander quel est le pourcentage de ceux qui savent parfaitement les mesures a prendre. Une enquete devrait etre realisee en ce sens. En l'absence de constructions repondant aux normes de construction parasismique ces mesures peuvent sauver des vies. Certains sont satisfaits du fait que beaucoup de debris ont ete ramasses et que des milliers de personnes ont demenage des tentes. Beaucoup de personnes avisees ne cessent de claironer fort que le desastre provoque par le tremblement de terre du 12 janvier 2010 peut se renouveler au cas ou un tremblement de terre de magnitude identique se produirait. On a toujours reve d'une capitale ou les bidonvilles disparaissent. les maisons ne sont plus construites dans les ravins, le flanc du morne l'Hopital et pres des mines de sable. On pensait que la Reconstruction allait nous permettre d'avoir une capitale et une Haiti modernes. Tel n'est pas le cas. Les memes vieilles pratiques seculaires continuent a etre de mise. On annonce de grands projets, on fait des etudes, on annule les projets du gouvernement precedent sous le pretexte de faire mieux. Mais le panorama seculaire se perpetue. Des millions d'Haitiens vivant dans des bidonvilles et une minorite vivant dans des maisons luxueuses. Le projet de la refonte du Centre-ville et du fort national donnant l'allure d'un renouveau bien qu'il ne tienne pas compte de l'amenagement total de la capitale n'existe plus. L'article de Alter Presse relatant la faible secousse sismique dans le Nord met l'emphase sur les travaux de zonage actuellement realises dans la capitale. Ces travaux coutant des millions de dollars visent a identifier les sols susceptibles d'amplifier les vibrations causees par les tremblements de terre. Cet effort ne serait-il pas vain si l'Etat ne prend pas des mesures pour empecher de construire sur ces terrains a risques. En l'absence d'un plan coherent et global de construction pour un Etat moderne, de l'etablissement de notre propre code de construction, de mesures pour faire respecter ces normes et de notre propre direction de la Reconstruction et construction, le pays peut etre amene a vivre dans un environnement delabre n'ayant jamais existe dans notre histoire. On peut eviter l'avenement d'une telle situation desastreuse qu'on a deja commence a vivre.

Lire l'article de Alter Presse concernant la faible secousse tellurique ressentie dans le Nord-Ouest la semaine derniere http://www.alterpresse.org/spip.php?article12787     

Sunday, April 22, 2012

Le dossier de la politique de la Reconstruction en Haiti

Apres la disparition tragique de 300,000 haitiens et la destruction de plusieurs infrastructures physiques dans la ville de Port-au-Prince, haitiens et etrangers ont deplore cet incident tragique. Des reunions a grande echelle au niveau des organismes nationaux et internationaux ont eu lieu en vue de venir en aide a la region devastee. Des organisations internationales ont rue vers le pays pour aider a "reconstruire Haiti". Cependant plus de deux ans  apres apres les promesses de millions et le debarquement des blancs l'insatisfaction regne au milieu des Haitiens. Des accusations abondent de tous cotes. Des promesses de millions n'ont pas ete respectees.

D'abord le processus a debute avec les contradictions au sein du gouvernement Preval entre des ministeres et organismes d'Etat en vue controler le processus de la reconstruction. En ce sens des millions ont ete verses a des firmes de genie civil pour etudier des projets comme le centre de Port-au-Prince, la construction de maisons au Fort national, etc. Tous ces projets n'ont pas vu le jour ou sont tout simplement annules par le gouvernement actuel. Les projets actuels du gouvernement de Martelly 16/6 et 400/100 ont ete utilises pour evacuer plusieurs milliers de personnes refugiees sous les tentes. Mais le sort de ces personnes n'est pas ameliore. On ne sait pas exactement ou elles rehebergees. Recemment la journaliste Nuria Peria accuse le President Martelly d'avoir recu 2.5 millions de dollars en echange d'allocation de contrats aux compagnies de construction du senateur dominicain Bautista. Plusieurs articles de la presse relatent la Reconstruction d'Haiti comme etant un business lucratif sous le couvert de l'humanitaire. Des organisations internationales ont construit de petites cahutes dites provisoires alors qu'elles savent qu'elles sont definitives. La corruption est generalisee au sein de cette entreprise denommee "Reconstruction d'Haiti". Une investigation de la presse menee dans deux organisations Wood for Haiti et FADA pretendant construire plusieurs maisons dans le pays denonce encore une fois de plus le caracteur nebuleux des projets de Reconstruction. D'abord  l'action d'un certain Osner Clarilus qui venait d'annoncer aux Gonaives la construction de 180.000 maisons est reprehensible. Ce dernier pretend etre membre de  l'organisation Fondation Action de Dieu en Action (FADA) alors qu'il en a ete expulse pour malversations. D'abord ces accusations de malversations a son egard  ne le rendent pas credible meme s'il pourrait trouver des fonds pour la construction de ces milliers de maisons. Mais il y a mieux: des contradictions serieuses existent entre la FADA et Wood for Haii, dirigee par Gary Funk, et partenaire de FADA.  Le directeur de Wood pour Haiti mentionnait que son organisation n'a pas le financement necessaire pour executer ses projets alors que FADA, sa partenaire, a deja collecte entre 750.000 et 1.600.000 gourdes de 3 a 4 mille personnes recrutees comme eventuelles beneficiaires de ces maisons. La FADA est-elle donc separee de Wood for Haiti? Si oui comment compte-t-elle mener ces projets toute seule? Quel est son plan de financement? Cette modique somme deja collectee suffit-elle a mettre en oeuvre son projet?. Cette organisation doit eclaircir sa position sinon des doutes de corruption planeraient sur ses actions, doutes qui meneraient a la certitude de malversations financieres si les points d'ombres ne sont pas eclaircis. Dans le cas de la rupture du partenariat  entre ces deux organisations comment Wood for Haiti va-t-elle exercer son projet sans partenaire et etrangere au pays. D'ailleurs l'approvisionnement en bois pour la construction est controversee. Ce bois provient d'arbres de forets aux Etats-Unis  extermines par un insecte destructeur. Il est vrai que l'organisation se propose de traiter ce bois avant de l'exporter vers Haiti. Mais l'on se demande qu'arriverait si plusieurs tonnes de ces bois echappent au traitement.. La FADA se propose de construire a Titanyen, une zone non propice a la construction quand on sait que ce site est le depotoir de cadavres de personnes tuees dans de mauvaises conditions. D'ailleurs la zone a ete reconnue d'utilite publique en 2010 et a ete envahie par des squatteurs.

Donc on s'attendrait que l'on devient plus humain apres ce tremblement de terre qui a coute la vie a des milliers d'Haitiens et cause des pertes considerables. Mais le coeur des Haitiens et celui des etrangers participants a une soi-disant reconstruction s'est plus endurci en vue de recueillir des profits personnels. On est donc bien en droit de dire que l'appat de la richesse et la vertu sont contradictoires.

http://www.alterpresse.org/spip.php?article12667 . 
Lire aussi: http://www.jsf-post.com/component/k2/item/421-controversy-abounds-in-haitian-reconstruction-investigation .

Monday, April 2, 2012

Reconstruction anarchique: le cas de Villa Rosa

Gravement endommagé lors du séisme de 2010, le quartier de Villa Rosa, dans les hauteurs de Canapé-Vert, symbolise à lui seul l'absence de l'État haïtien dans le processus de reconstruction. Les ONG et organisations internationales ne font pas mieux. Pas étonnant que les sinistrés prennent les choses en main, au risque de reproduire les erreurs du passé.


Nicolas Joazard habite depuis toujours le quartier de Villa Rosa, un bidonville accroché au flanc de l'un des mornes qui dominent Port-au-Prince. Comme beaucoup de ses voisins, il a perdu sa modeste maison lors du séisme du 12 janvier 2010. Après deux ans d'efforts, le sexagénaire a réussi, sans l'aide de personne, à remettre sur pied sa demeure qui s'élève sur une pente au sol friable qui menace à tout moment de s'effondrer.



Le vieil homme ne croit plus depuis belle lurette aux promesses de reconstruction venant de l'État haïtien. << Ce ne sont que des paroles en l'air, grommelle-t-il. Au rythme où vont les choses, la situation n'aura pas encore changé dans 50 ans ! >>


On peut le comprendre. Monsieur Joazard affirme n'avoir encore vu aucun employé de l'État venir se rendre compte sur place des besoins des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont tout perdu lors du tremblement de terre. Encore moins venir les conseillers sur les meilleures techniques de construction, alors que depuis deux ans, la classe politique et la communaute internationale ne parlent que de reconstruire le pays sur de nouvelles bases. " Personne ne nous a visites et les gens construisent comme ils veulent, affirme-t-il. Moi, je n'avais pas d'autre choix, j'ai du me debrouiller tout seul et reconstruire sur ce terrain, meme si nous savons que c'estdangereux. De toute facon, on n'a pas interdit les reconstructions et tout le monde le fait,,,"


Un seul coup d'oeil suffit en effet pour constater que le quartier de Villa Rosa a aujourd'hui l'air d'un vaste chantier. Et que l'apparente anarchie qui caractérisait l'habitat et le peuplement avant le séisme a laissé la place à... une apparence d'anarchie. Le quartier est en effet engorgé par de nombreux camions à benne transportant à longueur de journée sable, pierres, barres de fer et ciment. Un peu partout, sur des terrains minuscules à peine débarrassés des débris du séisme, des groupes d'ouvriers sont à l'oeuvre, reconstruisant sans plan d'ensemble - et sans que jamais leurs propriétaires n'aient pu parler aux autorités - le bidonville détruit. Dans leur grande majorité, les travaux sont conduits par des « bòs mason », en absence d'ingénieurs qualifiés.



Le quartier Villa Rosa, dont une partie est visible de la route menant vers Pétion-Ville, était habité avant le séisme par des milliers de personnes, dont une bonne partie s'est réfugiée tout près sur la place du Canapé-Vert. À mesure que les gens reconstruisent leurs masures, le quartier se repeuple. Plusieurs secteurs aux limites insaisissables et imprécises - Balanyen, Impasse Guercy ou Nan Tif, etc. - constituent ce bidonville en voie de recomposition.


Habité par des centaines de personnes, le secteur de « Nan Tif » porte bien son nom. << Les Haïtiens appellent ce type de sol ''tè tif'', explique le géologue Lee Stanley Boyer, spécialiste des mines. C'est en raison de ses similitudes avec des morceaux désagrégés d'une roche calcaire, le tuf. Dans certains endroits, le terrain est constitué d'une accumulation de colluvions (fin dépôt de sédiments résultant d'un remaniement voisin, ndlr), d'où un très mauvais sol. >> D'autres qualifient carrément la nature de ce sol instable de « tè savon », une épithète imagée qui rend bien ses propriétés, mais il n'y a aucun rapport entre ce type de sol et la roche volcanique dénommée tuf.


Les masures du secteur de Balanyen, qui longe une ravine insalubre dégageant une odeur pestilentielle, donnent de loin l'impression de se superposer et de ne tenir qu'à un fil. Les habitants vivant près de la ravine se rappellent les dernières inondations. Ils redoutent une nouvelle catastrophe : << Les voies de drainage sont littéralement obstruées, disent-ils. Que va-t-il se passer aux prochaines grosses pluies ? >>


Chose certaine, rien ne risque de distinguer le nouveau Villa Rosa de celui d'avant le séisme. << J'avais espéré que mon quartier allait être réaménagé et que nous en aurions fini avec ces corridors exigus, comme le promettaient après le 12 janvier les politiciens qui parlaient de construire enfin des logements sociaux >>, se désole Pierre Richard Mathurin,qui est né dans la localité.


Ce jeune homme dans la vingtaine regrette de devoir vivre dans les mêmes conditions ayant causé la mort de tant de ses compatriotes.<< Cela nous révolte de vivre dans cette situation, s'indigne-t-il. Nous aimerions habiter un quartier accessible, où il y a des services disponibles, mais hélas! nous sommes retournés à la même situation qu'avant le séisme. Les gens construisent comme ils le veulent, en dehors de toute norme et dans la passivité totale des autorités constituées. >>


L'aide internationale n'a pas totalement oublié les résidents du quartier de Villa Rosa. Grâce au projet Gestion de débris du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), plusieurs personnes ont pu faire déblayer gratuitement leur maison détruite et disposent aujourd'hui d'un terrain débarrassé de ses gravats. Une économie de centaines de dollars pour chacun de ces particuliers... Financé par le Fonds pour la reconstruction d'Haïti et planifié par les Nations Unies, le projet comporte en principe trois volets, dont seul le premier - le déblayage des débris sous l'égide du PNUD - a jusqu'ici fait l'objet de travail concret sur le terrain.


 À l'impasse Guercy comme à Balanyen, aucune des personnes interrogées n'a entendu parler de planification communautaire tel qu'endossée par ONU-Habitat, et encore moins du recyclage des débris supposé créer des emplois, que promettait pourtant le Bureau international du travail...


L'agent de liaison de la mairie de Port-au-Prince affecté au projet du PNUD, Obenne Derisier, dit ne rien pouvoir faire pour contrer le retour des sinistrés sur des terrains dangereux. << L'État est faible et la situation dans ces quartiers est très compliquée, dit-il, comme pour justifier l'inaction des autorités. On n'a pas assez de moyens pour empêcher les constructions anarchiques. On peut passer le matin et ne voir aucune construction, mais quand on retourne le soir, on constate qu'on a eu le temps d'ériger une maison. »


Afke Boostman, directrice du projet Gestion des débris du PNUD, se dit aussi au courant du problème, mais affirme que l'action de son organisme se limite au déblaiement. << Si vous voulez parler de reconstruction, adressez-vous à ONU-Habitat, responsable de la planification communautaire >>, a-t-elle declaré.


Ce volet est apparemment le moins concret du projet, car, sur le terrain, aucun indice ne laisse croire qu'un quelconque travail de réaménagement urbain est en cours. Contactés, les responsables d'Onu-Habitat, qui n'ont voulu répondre aux questions qu'à distance, ont indiqué que les travaux de cartographie sont encore en cours et des focus groupes ont débuté en vue de la restructuration des quartiers pour la zone de Turgeau comprenant Villa Rosa et d'autres quartiers. Il y a lieu de s'interroger sur la stratégie de restructuration de ces espaces où les propriétaires, n'ayant apparemment pas d'échos d'un quelconque plan, reconstruisent avec les moyens du bord et à un rythme aussi accéléré.


Cordaid, en revanche, une ONG hollandaise spécialisée dans l'aide d'urgence avec des ramifications dans 36 pays, peut se vanter d'avoir fourni des abris permanents à plus d'une centaine de familles vulnérables du quartier Villa Rosa. << Notre programme, qui a débuté en novembre 2010, a été transformé en cours d'exécution, explique Gubert Saint-Fleury, responsable du projet de relogement à Port-au-Prince pour Cordaid. Nous avons dû laisser la phase d'urgence pour passer à celle des abris permanents en raison des nouvelles réalités. »


Les dimensions des maisons offertes gratuitement aux sinistrés varient de 15 à 22 mètres carrés. Selon Gubert Saint-Fleury, il n'était pas possible d'offrir des maisons plus grandes en raison notamment de l'irrégularité des parcelles. Félix Saint-Victor, un bénéficiaire rencontré dans sa maisonnette de 16 mètres carrés en construction, vivra bientôt dans cet espace réduit avec sa famille de 7 personnes. Il se dit content malgré tout. « Je n'avais pas d'argent pour reconstruire ma maison, raconte-t-il. Mais à défaut de pouvoir obtenir ce qu'on désire, on ne peut que se résigner ! >>


Il faut dire que les maisons de Villa Rosa ne comportent aucune installation sanitaire. Marie-Ange Fleurisca, qui y vit avec ses deux enfants, en sait quelque chose. Elle partage avec d'autres voisins un  cabinet d'aisances qui déverse une odeur fétide plusieurs mètres à la ronde. « La nuit, nous devons nous déplacer avec nos enfants s'ils veulent faire leurs besoins, dit-elle. C'est difficile pour tous. »


Ce retour massif des sinistrés dans leurs anciens quartiers accroît d'autant la pression sur l'environnement. Le problème, c'est que si le repeuplement anarchique du quartier Villa Rosa se fait à un rythme accéléré, l'État haïtien, lui, va beaucoup moins vite en besogne. << Le travail de réaménagement des quartiers n'en est encore qu'au stade de la réflexion, admet Alfred Piard, directeur du ministère des Travaux publics, Transport et Communication. Une carte des risques que présente chaque endroit est en cours d'élaboration. >> En d'autres mots, plus de deux ans après le séisme destructeur, l'État haïtien n'est même pas parvenu à identifier les zones les plus dangereuses.


Ce dernier est de plus en plus mal placé pour faire la leçon à la communauté internationale, à laquelle il reproche de ne pas décaisser assez rapidement les fonds promis. L'État haïtien, censé assurer la coordination des projets et de fournir les directives, est à court d'idées. En effet, plus de 100 millions de dollars sont disponibles sur le compte du Fonds pour la reconstruction d'Haïti (FRH), dont les responsables attendent toujours les demandes de financement de nouveaux projets de la part du gouvernement haïtien...


Josef Leitmann, le gestionnaire du FRH, affirme que sur les quelque 396 millions de dollars mobilisés par la communauté internationale, 275 ont été alloués à la réalisation de 17 projets. « Dans un premier temps, le gouvernement a exigé que les projets soient approuvés et soumis par la CIRH, mais étant donné qu'il n'y a plus de CIRH, cette tâche a été laissée au bureau du Premier ministre », a-t-il déclaré.


M. Leitmann s'inquiète du fait que depuis plus de 7 mois, soit depuis août 2011, aucune demande de financement n'a été présentée par l'État haïtien...


« L'argent est là pour financer la reconstruction, mais il n'y pas de proposition formelle de l'État haïtien, soupire Josef Leitmann. En attendant, les fonds restent en banque et ne sont pas alloués dans  l'intérêt des citoyens. Il n'y a pas de quoi être fier !»


Source: le Nouvelliste





Friday, March 16, 2012

Les abris qui n'abritent personne

Les collines au-dessus de Léogâne, HAITI, 15 mars 2012 – Près de la moitié des abris d’urgence distribués par l’organisation britannique Tearfund dans deux sections communales dans les montagnes au-dessus de Léogâne restent inhabités par des bénéficiaires plus de six mois après leur construction.
C’est du moins ce que révèle une enquête menée par le partenariat de journalisme d’investigation Ayiti Kale Je (AKJ), dans la 10ème section Fonds d’Oies et  la 12ème section Cormiers de Léogâne, l’épicentre du séisme.
Les journalistes ont trouvé que, parmi les 84 familles bénéficiaires, 34 n’habitent pas dans leurs nouvelles maisonnettes, et 11 familles ont reçu deux abris d’urgence de deux organisations humanitaires différentes.
Carte de l'ONU montrant l’épicentre du séisme. La zone de l'enquête est en violet.
Si 34 maisonnettes – construites pour 3 000 $US chacune, d’après Tearfund – restent inutilisées, ou, pire, sont « à louer », cela veut dire qu’au moins 102 000 $US ont été gaspillés, pendant que des dizaines de familles dans leur voisinage vivent toujours sous des tentes ou des bâches de fortune.
« Les abris d’urgence distribués dans la zone ne l’ont pas été équitablement, fulmine Rosemie Durandisse, une paysanne de 50 ans dont la maison de 4 pièces – où elle vivait avec son mari et leurs 6 enfants – a été détruite par le séisme. « La vie n’est pas trop rose pour moi (…). Je devrais trouver une maison, parce que [quand il pleut] les eaux de pluie nous rendent la vie dure ».
Rosemie Durandisse, accompagnée d’une de ses enfants, devant sa baraque.
Photo: Fritznelson Fortuné
L’organisation chrétienne The Evangelical Alliance Relief Fund ou Tearfund, œuvrant dans une cinquantaine de pays, est arrivée dans ces communautés de montagne après le 12 janvier 2010.  Elle dit avoir construit 249 abris d’urgence (« Transitional Shelters » ou « T-Shelters ») dans quatre sections communales de Léogâne.  
« Nos abris respectent ces normes [établies pour les logements post-désastre]», explique Kristie van de Wetering, directrice du programme de gestion des désastres chez Tearfund. « Nous tentons le plus que possible d’impliquer les bénéficiaires et les communautés dans notre travail ».
Ces maisonnettes de 18 mètres carrés, dont la base est en béton, l’ossature en bois et le toit en tôle, comportent deux petites chambres et une minuscule galerie. Leur prix de revient oscillerait autour de 3 000 $US chacune, sans les frais administratifs, d’après l’organisation.
Au cours des deux dernières années, les organisations humanitaires ont construit au total environ 110 000 T-Shelters en Haïti, au cout global estimé à 500 M$US, alors que le nombre de familles à la recherche d’un logis en raison du séisme dépassait les 300 000.
Pour obtenir un T-Shelter, ces familles devaient prouver qu’elles possédaient de la terre ou un bail à long terme. Or, près des deux-tiers des familles réfugiées après le séisme, soit quelque 200 000 familles, étaient des locataires. La solution axée sur les T-Shelters n’a donc pas manqué de créer une controverse. [Voir aussiAbandonné, comme un chien errant et Quelle planification pour les 1.3 million de déplacés?]
Un cadeau à louer
Au marché de Tombe Gâteau, le long de la route menant à Jacmel, deux abris d’urgence s’élèvent dans une même cour, à quelques pas des locaux de l’organisation bangladeshi BRAC. Celui fait de blocs de béton a été construit par BRAC, l’autre – en bois – est de Tearfund. Tous deux sont considérés par les riverains comme étant la propriété d’une seule et même personne, Cevemoir Charles, un cultivateur.
Un écriteau marqué des mots « À Affermer »  se dresse sur la maison de BRAC.
Les deux nouvelles maisons de Cevemoir Charles, l'une de Tearfund
(gauche) et l’autre de BRAC (droite). Le signe “A Affermer" est au-dessus
de la maison de BRAC
. Photo: Fritznelson Fortuné
Lorsque l’on tente de l’interroger, Charles se rebiffe et fuit vivement les journalistes, se contentant de grommeler « ces abris ne sont pas à moi, ils appartiennent à ma femme ».
Le cas de Charles n’est pas unique. Demandez à Résilia Pierre, une mère de trois enfants, qui vit avec son mari et deux autres personnes dans l’une des deux maisonnettes qu’elle a reçues – l’une de Tearfund et l’autre de BRAC. Ils habitent dans l’abri BRAC, et elle cherche ouvertement à louer celui de Tearfund.
« J’habite dans l’un des abris et l’autre est vide », dit-elle, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. « De temps en temps, je le nettoie et le balaie ».
Booz Serhum, officier de liaison communautaire chez Tearfund, affirme qu’il n’y a pas de cas de doublons.
« Nous tenons compte du fait qu’une personne a déjà reçu un abri d’une autre ONG, dit-il. C’est l’un des critères que nous voulons respecter partout, puisqu’il permet une juste répartition ».
Sa superviseure, van de Wetering, affirme de son côté que « l’un des éléments fondamentaux chez nous, c’est la coordination avec les autres organisations ».
Mais de quelle coordination parle Tearfund, au juste ? Car, dans les deux sections rurales visitées, cette coordination s’est, en pratique, révélée pour le moins inefficace dans la mesure où elle n’a pu empêcher plus d’une dizaine de doublons. Sans parler du fait que plusieurs bénéficiaires n’avaient aucunement besoin d’abri, plusieurs vivant d’ailleurs dans d’autres endroits, les mettant même en location.
Reproche réciproque
Le manque de coordination, des failles apparentes dans la méthodologie utilisée pour sélectionner les bénéficiaires, mais aussi mensonges et erreurs sont entre autres les raisons qui expliquent les maisonnettes vides et les victimes laissées à elles-mêmes.
La tente d’une famille à côté d'une maison endommagée.Photo: HGW
Les autorités locales sont d’ailleurs les premières à le reconnaître. « Des victimes se plaignent du fait que des gens qui ne sont pas dans le besoin ont reçu un abri alors que d’autres, encore plus vulnérables, n’ont rien eu», raconte Laurore Joseph Jorès, membre du Conseil d’administration de la section communale (Casec) de Cormiers.
« Beaucoup de victimes dont les maisons ont été détruites pensent que le Casec peut les aider à trouver un abri », ajoute-t-il.  
Innocent Adam, coordonnateur du Casec de la 10e section communale Fonds d’Oies, se dit également au courant de la situation, mais s’estime impuissant.
« Nous ne pouvons rien faire et nous ne sommes pas responsables, explique-t-il. Notre tâche ne consistait qu’à donner des approbations foncières au gens ».
S’il ne revenait pas aux autorités de choisir les bénéficiaires, à qui donc incombait cette responsabilité ? ChezTearfund, on dit que ce sont des comités communautaires établis avec l’appui de l’organisation après le séisme qui avaient le dernier mot en ce qui a trait au choix des bénéficiaires d’abris. Dans les comités communautaires, on dit que c’est Tearfund qui décidait de tout. Qui dit vrai ?
Chose certaine, Tearfund a d’abord effectué une enquête sur le terrain afin d’identifier au préalable les victimes réellement en situation de vulnérabilité.
« Nous mettions l’accent sur le revenu de la personne, ses conditions de vie, le nombre d’enfants à charge, son état de santé, etc. », précise Serhum.
Serhum prétend avoir été secondé dans son travail de terrain par ces comités communautaires. Mais, s’ils reconnaissent avoir œuvré avec Tearfund, des membres des comités nient cependant avoir eu le dernier mot.
« Le comité avait comme tâche d’informer les bénéficiaires choisis par Tearfund », réplique Févry Gérésol, membre du comité communautaire de Cormier. « Nous n’avions pas le pouvoir de choisir les bénéficiaires »
« C’était au comité de regarder la liste, rétorque van de Wetering. « Il connaissait la quantité d’abris disponibles pour donner dans les communautés. C’est le comité qui choisissait dans la liste les personnes devant bénéficier d’un abri ».
Selon Sanon Dumas, membre du comité communautaire de Fond-Oies, le groupe était seulement responsable du bon déroulement des constructions. Il devait aussi faire des rapports et informer Tearfund.
Sanon Dumas, membre du comité de Fonds d’Oies, dans un de ses champs.
Il se prépare à semer du maïs, du pois et d'autres denrées.

Photo: Fritznelson Fortuné
Cependant, il admet : « Si on a fait le choix des membres du comité, c’était pour aider Tearfund à choisir des gens parmi ceux dont les coordonnées avaient déjà été enregistrées dans l’ordinateur ».
Sa mère a reçu un T-Shelter. A date, il reste inoccupé.
Pièges, menteurs et questions
Pour certains, Tearfund a simplement été victime de duplicité.
« L’enquête a été faite par des personnes ignorant le contexte local », affirme Gérésol, du comité communautaire de Cormier. « Il y a des gens qui ont obtenu des abris par le biais de moyens détournés, dont le mensonge ».
Gérésol lui-même a obtenu deux T-Shelters de deux organisations différentes : Tearfund et la Croix-Rouge suisse.
Févry Gérésol, membre du comité communautaire de Cormier et professeur d'école,
en face de ses deux T-Shelters.
 Photo: Fritznelson Fortuné
Ne connaissant pas la zone, les enquêteurs envoyés par Tearfund – qui implémente d'autres projets dans la zone, dont la construction de 27 écoles temporaires, des puits, etc. – auraient été aussi piégés par des individus s’appropriant des maisons détruites, en faisant croire aux enquêteurs qu’elles leur appartenaient.
Tearfund n’écarte pas cette possibilité.
« Il peut arriver qu’il y ait des gens qui ne sont pas honnêtes, disant qu’ils n’ont pas de maison ou que telle maison leur appartenait, ou appartenait à leur famille. Cela peut se produire », admet Serhum. Il y a beaucoup de trucs utilisés dans la communauté… Il y a des choses qu’on ne peut découvrir. On peut se rendre sur le terrain pour faire une enquête, [la personne] peut prétendre que la maison a été détruite, et pourtant l’enquêté vous a montré sa cuisine qui n’est pas sa demeure ».
Le népotisme et le favoritisme auraient également joué un rôle dans l’attribution des abris. Selon ce qu’a constaté AKJ dans les zones étudiées, la plupart de ceux qui ont reçu des abris étaient liés aux  membres des comités. Par exemple, dans la zone où habite Sanon Dumas, on recense près d’une dizaine de familles ayant obtenu un abri alors que les autres bénéficiaires potentiels vivant à quelques kilomètres restent dans leurs maisons endommagées.
Berline Cérival, de Grand Bois, comprend bien les avantages d’une amitié.
Berline Cerival sur la galerie de sa nouvelle maison avec ses enfants. 
Photo: Fritznelson Fortuné
« Je n’avais pas été recensée, alors j’ai été voir Partisan, [un des membres du comité communautaire], dit-elle.Ce dernier a contacté un ingénieur au sein de Tearfund afin de me faciliter l’octroi d’un abri, que j’ai eu finalement ».
Des Grandes Questions
Y a-t-il beaucoup d’autres Cérival ou Gérésol à travers Haïti ?
La population de Léogâne, voire d’Haïti, serait-elle prédisposée au népotisme, au mensonge et à la tromperie quand il s’agit de personnes ou d’organisations qui veulent les aider ?
Un autre T-Shelter à affermer. La photo ci-dessous est un détail de la zone encerclée. Photo: HGW
D’après l’économiste et sociologue Camille Chalmers, la présence de centaines, voire de milliers d’organisations et agences humanitaires en Haïti, travaillant trop souvent sans de méthodologie appropriée, a de sérieuses conséquences.
Cela crée un « cercle vicieux de l’humanitaire et de l’assistance, où la population développe une mentalité d’assisté. Cela peut être très négatif… sur le moyen et le long terme », expliquait Chalmers à Ayiti Kale Je dans un interview réalisée en octobre 2010.

Une des nombreuses maisons détruites dans les montagnes au-dessus de Léogâne.
Son propriétaire vit depuis le lendemain du séisme sous le toit de quelques amis.

Photo: HGW
En plus de ces effets négatifs, l’investigation sur les T-Shelters de Tearfund inspire d’autres questions.
Si l’échantillon de familles sinistrées examiné par les enquêteurs du partenariat AKJ éveille le soupçon quant àd’éventuelles erreurs ou la corruption dans d'autres sites, qu’en est-il des 110 000 autres abris d’urgence fournis gratuitement par la communauté internationale ?
Doit-on comprendre que plus de 44,000 d’entre eux ont été remis à des individus qui n’en avaient pas besoin, alors que plus de 450 000 de leurs compatriotes vivent toujours sous tente ?
Est-ce que la construction de T-Shelters, plutôt que la réparation des maisons ou d’autres solutions, étaient la meilleure façon de dépenser les 500 millions de dollars américains que cela a coûté ?
Source: Ayiti Kale Je